« Dégager » les gens du voyage : les propos de Marc Vanderstichelen ont choqué dans les rangs d’Ecolo

« Dégager » les gens du voyage : les propos de Marc Vanderstichelen ont choqué dans les rangs d’Ecolo

Enghien
« Dégager » les gens du voyage : les propos de Marc Vanderstichelen ont choqué dans les rangs d’Ecolo

La conseillère Nathalie Vast a interpellé le bourgmestre. Elle lui a également rappelé qu’Enghien était une commune hospitalière.

Lors du dernier conseil communal, la conseillère Ecolo Nathalie Vast a interpellé le bourgmestre Marc Vanderstichelen (Génér'actions) sur la problématique de l'accueil des gens du voyage. "C'est la deuxième année que vous faites face à l'arrivée massive de gens du voyage. Je voudrais rappeler qu'en avril 2024, tous les partis avaient signé la charte pour une ville solidaire et hospitalière. Je suis très étonnée que, deux ans plus tard, les propos changent. Dans cette motion de ville hospitalière, il y avait l'accueil des migrants, mais aussi l'accueil spécifique des gens du voyage. Dans les considérants, la Ville d'Enghien considère que la diversité est une chance et une opportunité."

La conseillère Ecolo s'étonne que, deux ans plus tard, les choses aient changé. Elle se dit également choquée des propos que Marc Vanderstichelen a tenus : "Dans une interview, tu dis : Il faut les dégager. Je trouve que parler de dégager pour des êtres humains, c'est très difficile."

Nathalie Vast le concède, les règles doivent être respectées. "Mais ils ne s'annoncent pas puisque vous ne voulez plus les accueillir. Alors, ils arrivent en forçant les barrages. Bien évidemment, ils doivent payer leur consommation. Et c'est ce qu'ils faisaient avant : ils payaient leur consommation, leur droit au territoire et ils faisaient même venir des conteneurs." La conseillère sait que ce n'est pas facile à mettre en place, puisque les gens du voyage n'ont pas les mêmes codes. "C'est du tricotage maille par maille. Ici non plus, nous n'avons pas tous les mêmes codes. Pourtant, nous apprenons à vivre les uns avec les autres."

"L'accueil géré génère moins de frustration"

La conseillère exhorte donc la majorité à revoir sa politique en matière d'accueil des gens du voyage. "L'accueil géré génère moins de frustration et de crispation. Accueillir 20 ou 30 caravanes de gens du voyage qui se sont annoncés, qui respectent les règles, c'est beaucoup plus simple que d'accueillir un groupe de 70 caravanes qui force un barrage parce qu'il n'y a pas eu de concertation préalable." Nathalie Vast conseille également à la majorité de consulter le centre de médiation des gens du voyage pour favoriser un accueil dans le respect, la dignité et sans crispation.

Pour Marc Vanderstichelen, la Ville ne "sait pas les accueillir puisqu'ils forcent la porte. Et c'est cela qui est indélicat." Mais pour Nathalie Vast, "s'ils ne s'annoncent pas, c'est parce que la Ville a dit qu'ils ne pouvaient plus venir. Si on gère mieux, les gens s'annonceront."

De son côté, Geoffrey Derycke, président de la RCA Nautisport, où les gens du voyage se sont installés, a fait le point sur la situation. "L'année dernière, nous n'étions pas favorables à l'accueil des gens du voyage, mais ils avaient été très respectueux. Ils ont respecté nos remarques et nos injonctions, ils louaient les terrains pour que leurs enfants puissent jouer. Cette année, ils ne respectent rien de ce que nous leur demandons." Pour lui, il ne faut pas accueillir tous les gens du voyage, mais plutôt bien les filtrer. "Un groupe n'est pas l'autre. Ici, nous avons de grosses difficultés : des enfants passent au-dessus des grillages, ils ne louent pas les terrains, les camionnettes ne sont pas mises où nous avons demandé À partir du moment où ils sont accueillis mais ne respectent pas les injonctions, nous avons du mal à avoir la même considération que pour les gens qui étaient venus l'année passée."

Une solution à l'échelle de la Wallonie picarde ?

Le conseiller En Mouvement Yves Vande Gucht plaide, lui, pour trouver une solution au niveau de la Wallonie picarde. "Il est temps que les communes se mettent autour de la table et trouvent un espace aménagé pour eux. Il y a bien un terrain dans la région où il est possible de créer un endroit où ces gens puissent être accueillis dignement. Pour moi, ce n'est pas à Enghien de le faire, mais c'est au niveau de la Wallonie picarde."

Comme ils l'avaient promis, les gens du voyage ont quitté Enghien samedi.


S.L.