Tournai : les conseillers communaux alertent sur les conditions de détention après leur visite de la prison

Tournai : les conseillers communaux alertent sur les conditions de détention après leur visite de la prison

Tournai

Les conseillers communaux tournaisiens ont visité la prison de Tournai ce vendredi après-midi. Pendant plus de deux heures, les élus ont découvert le fonctionnement de l'établissement et échangé sur les conditions de détention et de travail. Tous partagent un constat préoccupant sur la surpopulation et la vétusté des infrastructures, même si leurs analyses diffèrent sur certains points.

La visite était réclamée depuis plusieurs mois au conseil communal. Des représentants du PS, du MR, des Engagés et d'Ecolo étaient présents, accompagnés notamment par des membres de la Commission de surveillance de la prison. Le PTB était excusé. Les élus ont notamment pu suivre le parcours d'un détenu lors de sa mise à l'écrou et découvrir le fonctionnement de plusieurs services de l'établissement.

La surpopulation a rapidement occupé une place centrale dans les échanges. La prison, prévue pour 185 détenus, en accueille aujourd'hui plus de 260. " On est dans une situation très compliquée ", estime Quentin Huart (PS). " Il y a d'un côté les détenus qui vivent pour beaucoup dans des conditions indignes et, de l'autre, les gardiens qui doivent travailler avec des effectifs insuffisants. "

Même constat pour Johackim Chajia (Ecolo), qui évoque notamment des cellules de neuf mètres carrés occupées par trois personnes. " La situation n'est tout simplement pas acceptable et pas digne d'un système carcéral du XXIe siècle. "

Simon Petit (Les Engagés) insiste, lui, sur la dimension humaine de la détention. Il souligne également le travail réalisé par le personnel et la direction malgré des infrastructures vieillissantes et la surpopulation.

Des cellules qui n'ont pas pu être visitées

Les conseillers n'ont toutefois pas eu accès aux cellules occupées par les détenus. Une déception pour plusieurs d'entre eux. " C'est ce qu'on voulait voir et malheureusement cela n'a pas été possible ", regrette Quentin Huart, qui estime que les élus n'ont pas pu aller " au coeur du réacteur ".

Clément Glorieux (MR) aurait lui aussi souhaité pouvoir constater directement les conditions de vie dans les cellules, tout en se montrant plus compréhensif sur les contraintes de la visite.

Même position chez Simon Petit. " Rien n'a été caché oralement ", souligne le conseiller des Engagés, même s'il reconnaît que l'absence d'accès aux cellules laisse le sentiment de ne pas avoir pu aller totalement au bout de la démarche.

Les élus veulent maintenir la pression

Les différents groupes s'accordent également sur les limites du pouvoir communal dans ce dossier. Les décisions concernant les prisons relèvent essentiellement du niveau fédéral.

Les élus entendent donc utiliser leurs relais politiques pour faire remonter la situation tournaisienne. " Le conseil communal doit prendre toute la mesure de ce qui s'y passe ", souligne Quentin Huart.

Johackim Chajia estime de son côté que chaque formation doit désormais transmettre ce constat " aux différents niveaux de pouvoir et notamment au fédéral ".

Clément Glorieux rappelle qu'il n'existe pas, selon lui, de solution unique à la surpopulation carcérale, tandis que Simon Petit compte également faire remonter les constats réalisés sur le terrain auprès de son parti et de la ministre fédérale en charge de la Régie des bâtiments Vanessa Matz.

Au-delà des différences politiques, les conseillers communaux veulent donc continuer à porter le dossier. Avec un même objectif affiché, celui d'améliorer les conditions de détention à Tournai et les conditions de travail du personnel pénitentiaire.


R.R.