Nautisport : les comptes passent d’un boni de 5.886 euros à un déficit de 334.678 euros
Présentés jeudi soir au conseil communal d’Enghien, les comptes 2025 de Nautisport affichent finalement un déficit de 334.678 euros. La première version des comptes faisait pourtant apparaître un boni de 5.886 euros. Plusieurs corrections liées notamment à des créances et à des charges des années précédentes expliquent cette importante différence.
Les comptes 2025 de Nautisport ont suscité plusieurs questions au conseil communal d'Enghien. En cause : une différence importante entre les chiffres communiqués dans un premier temps et le résultat finalement présenté aux conseillers.
Dans sa présentation, Geoffrey Derycke, président du conseil d'administration de Nautisport, rappelle que l'exploitation courante reste à l'équilibre. La piscine, le fitness et les cours collectifs restent stables, tandis que le Coin sportif enregistre une baisse d'activité. Les locations restent, elles, stables et l'intervention communale diminue.
La première version des comptes affichait un boni de 5.886 euros. Après différentes corrections, le résultat définitif fait apparaître un déficit de 334.678 euros.
" La perte comptable définitive résulte principalement d'écritures exceptionnelles liées à des créances, des provisions et des charges antérieures ", explique le président de la RCA. Il précise également que la situation de Nautisport au 1er septembre 2026 affiche actuellement un boni, malgré une diminution de 50.000 euros de la dotation communale.
Des comptes qui ont évolué entre les deux versions
Cette différence a notamment interpellé Bénédicte Linard, conseillère communale Ecolo et commissaire aux comptes de Nautisport, avec Sébastien Vanbelle. Elle explique avoir travaillé avec son collègue sur la première version des comptes, qui affichait un résultat positif.
" Il aurait quand même été heureux de savoir que ce n'était pas la version finale des comptes ", estime-t-elle. Elle regrette également que les commissaires aient dû attendre le conseil communal pour découvrir l'ampleur des corrections et qu'aucune explication détaillée ne figure dans les documents mis à leur disposition.
Le Coin sportif au coeur des échanges
Une partie du débat s'est ensuite concentrée sur le Coin sportif. Pour le bourgmestre Marc Vanderstichelen (Génér'actions), les corrections sont notamment liées à des problèmes hérités de la gestion précédente.
Il évoque notamment une provision d'environ 150.000 euros correspondant à des surfacturations accumulées au fil des années et qui ne seraient pas récupérées. Il mentionne également 80.000 euros liés à un dossier de marché rejeté par le Conseil d'État, les investissements ayant déjà été réalisés.
Marc Vanderstichelen estime que ces éléments relèvent de problèmes du passé et que leur impact sur l'avenir de Nautisport est désormais limité, notamment parce que le loyer du Coin sportif a été réduit de moitié.
Cette lecture de la situation n'est pas partagée par les conseillers Ecolo. Bénédicte Linard rappelle que la gestion de Nautisport était menée par des représentants de la majorité et de l'opposition sous la précédente législature. Pascal Hillewaert estime, lui aussi, que les difficultés du Coin sportif ne doivent pas être ramenées à une question politique.
" Tous les administrateurs actuels sont d'accord pour dire qu'il y a un problème de gestion au niveau du Coin sportif, mais ça n'a rien à voir avec la politique ", affirme-t-il. Il rappelle notamment que le projet a été lancé pendant la période du Covid, avec les difficultés liées aux confinements.
Parmi les autres corrections, Bénédicte Linard évoque également une provision de 110.000 euros liée au licenciement de l'ancien directeur de Nautisport, une décision de la majorité actuelle.
Des créances accumulées au fil des années
En fin d'intervention, l'échevin des Finances Sébastien Vanbelle (Génér'actions) revient sur la manière dont les comptes ont été corrigés. Il évoque notamment environ 450.000 euros de créances accumulées au cours des années précédentes, dont certaines présentent un risque de ne pas être récupérées.
Il revient également sur les 80.000 euros liés au dossier passé devant le Conseil d'État. Deux décisions de suspension ont mis fin à la procédure, alors que certains investissements avaient déjà été réalisés.
Sébastien Vanbelle reconnaît par ailleurs que ces corrections auraient dû apparaître dans les documents transmis au conseil communal. Bénédicte Linard demande dès lors qu'à l'avenir, les commissaires disposent d'informations suffisamment complètes pour pouvoir établir leur rapport sur la base des comptes définitifs.
Malgré ce déficit comptable pour l'exercice 2025, la majorité insiste sur une situation qu'elle estime désormais assainie et sur un début d'exercice 2026 actuellement positif.
S.L.