Marais d’Harchies : le préfet du Nord refuse d’interdire la chasse

Marais d’Harchies : le préfet du Nord refuse d’interdire la chasse

Harchies
Marais d’Harchies : le préfet du Nord refuse d’interdire la chasse

Les oiseaux d’eau des marais sont chassés depuis le territoire français, au grand désarroi des associations environnementalistes.

Appelons cela une incohérence frontalière : les oiseaux qui peuplent les marais d'Harchies sont protégés par la loi belge, mais la loi française autorise, elle, toujours la chasse dans cette zone protégée. Rien n'empêche donc les chasseurs français de se poster à la frontière et de viser les oiseaux juste en face, dans les marais. "En 1h30, le soir de l'ouverture de la période de chasse, près de 1.000 coups de feu sont tirés pour environ 500 oiseaux tués, dénoncent des associations environnementalistes ", écrivent six députés européens, français et belges, dont l'athoise Saskia Bricmont (Ecolo).

Ils ont écrit au préfet du Nord Bertrand Gaume pour appuyer la demande des associations environnementales d'interdire cette chasse transfrontalière. Le préfet a cependant rejeté la demande. Il estime qu'une telle interdiction ne pourrait être décrétée que dans une optique de reconstitution des populations d'oiseaux concernées. " Il faut pour cela constater une baisse importante des effectifs, sur la base de données scientifiques montrant que les prélèvements doivent être suspendus pour répondre à la nécessité de préserver une population fragile, a-t-il répondu aux parlementaires européens. A ce jour, aucune étude n'a été portée à la connaissance de l'administration pour motiver une telle interdiction. "

Plus de 700 manifestants contre la chasse

Une réponse qui, on s'en doute, ne satisfait pas les associations et les mandataires qui défendent la biodiversité du lieu. " Les détonations effraient toute la faune et perturbent les oiseaux migrateurs, déjà fragilisés par le dérèglement climatique, rappelle ainsi Saskia Bricmont. Ils ont besoin de lieux calmes pour se nourrir et reprendre des forces. Comment accepter que le travail de conservation mené côté belge soit mis à mal par la chasse menée côté français ? ".

Fin août, une manifestation en vue d'instaurer une interdiction de chasse dans une zone de 1.500 mètres autour de la frontière, avait réuni plus de 700 personnes à Bernissart.


C.D.C.