Ellezelles : le CPAS boucle 2025 avec un boni en baisse et quelques inquiétudes pour l'avenir

Ellezelles : le CPAS boucle 2025 avec un boni en baisse et quelques inquiétudes pour l'avenir

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Ellezelles : le CPAS boucle 2025 avec un boni en baisse et quelques inquiétudes pour l'avenir

Le compte a été présenté lors du dernier conseil communal.

C'est lors du conseil communal du mercredi 1er juillet que la présidente du CPAS d'Ellezelles, Pascaline Lejour, a évoqué les principaux points du compte 2025. Celui-ci traduit une situation financière qui reste positive, mais moins confortable qu'au cours des exercices précédents. Si l'institution clôture encore l'exercice avec un résultat global positif de près de 119.000 euros, les marges de manoeuvre se réduisent et les réserves s'amenuisent. Grâce notamment aux exercices antérieurs, le résultat global, légèrement supérieur au boni présumé, reste donc dans le vert, même si l'on enregistre un déficit de près de 120.000 euros à l'exercice propre.

Des recettes qui s'érodent

Les recettes ordinaires diminuent d'environ 1 % par rapport à 2024. Si les prestations enregistrent une hausse, notamment grâce aux différents services proposés par le CPAS, les recettes issues des transferts poursuivent leur recul.

Pascaline Lejour pointe principalement la diminution des interventions des autorités supérieures, alors que la participation financière de la commune continue, elle, à augmenter afin de maintenir l'équilibre budgétaire. La dotation communale dépasse désormais le million d'euros.

Une maîtrise des dépenses malgré quelques hausses

Du côté des dépenses, le CPAS affiche une diminution globale de 1 %. Les frais de fonctionnement ont pu être réduits grâce à une meilleure maîtrise de certains postes, comme la téléphonie ou le chauffage.

Les dépenses de personnel restent toutefois le principal poste budgétaire et progressent légèrement. Le CPAS compte, comme l'année dernière, 53 emplois.

La présidente prévient néanmoins qu'il faudra être attentif, en 2026, à une possible hausse des coûts de l'énergie et des matières premières en raison des conflits mondiaux.

Une aide sociale qui évolue

Contrairement aux idées reçues, la baisse des dépenses d'aide sociale ne traduit pas une diminution du soutien apporté aux bénéficiaires.

"Nous aidons différemment", explique Pascaline Lejour. Le développement de l'aide alimentaire permet aujourd'hui de répondre aux besoins de nombreuses familles tout en limitant le recours aux aides financières directes.

En 2025, 175 personnes ont bénéficié d'une aide financière du CPAS, tandis que le nombre de bénéficiaires du revenu d'intégration sociale (RIS) est descendu à 16, contre 21 deux ans plus tôt.

La présidente salue également le travail des assistants sociaux qui n'excluent pas les personnes dans le besoin, mais les accompagnent et les aident à retrouver un emploi.

Elle souligne également que de nombreux bénéficiaires actuels sont des étudiants et estime que la situation sociale de la commune reste relativement stable, même si les effets des réformes fédérales devront être suivis dans les prochains mois.

Une crèche indispensable

Concernant les dépenses liées à la dette, elles ont augmenté en raison de l'emprunt contracté pour la crèche (près de 618.000 euros), mais son remboursement n'a débuté que récemment.

La crèche communale affiche un déficit, mais celui-ci reste maîtrisé. Pour Pascaline Lejour, ce service demeure indispensable à la population. L'extension de la structure entraînera toutefois de nouveaux engagements de personnel, qui devront être adaptés au rythme des inscriptions afin de préserver l'équilibre financier.

Les titres-services, principale source d'inquiétude

C'est incontestablement le dossier qui préoccupait le plus le CPAS. Fin mai, celui-ci annonçait d'ailleurs l'arrêt de son service de titres-services. Lors de la présentation des comptes 2025, la présidente a ainsi présenté plusieurs chiffres pour expliquer ce choix.

Le service des titres-services affiche un déficit d'environ 120.000 euros en 2025, une situation qui se répète depuis plusieurs années. Depuis 2011, le déficit cumulé atteint désormais près de 870.000 euros.

La suppression de certaines aides régionales et fédérales, l'augmentation constante des coûts salariaux et la stagnation des recettes expliquent notamment cette évolution.

Malgré une réduction progressive des effectifs le service est passé de 18 agents en 2020 à 14 aujourd'hui, l'équilibre financier reste hors d'atteinte.

La décision de mettre fin à ce service a donc été prise. La volonté est néanmoins de trouver des solutions pour limiter les conséquences de cette fermeture.

Des réserves qui fondent

L'autre enseignement majeur des comptes concerne l'état des réserves. Les fonds disponibles continuent de diminuer, limitant fortement les capacités du CPAS à absorber de nouvelles dépenses imprévues ou à construire les prochains budgets.

S'élevant à près de 51.000 euros en 2022, le fonds de réserve extraordinaire a diminué de moitié. Celui de l'ordinaire, qui dépassait les 136.000 euros, est passé à environ 7.500 euros. Les provisions, quant à elles, restent stables à près de 1.500 euros.

En 2023, la commune a augmenté de 30 % sa dotation au CPAS. Une nouvelle hausse de 20 % est intervenue en 2026, à laquelle s'est ajouté un montant complémentaire de 27.000 euros lors de la première modification budgétaire (MB1). Si cette dotation permet aujourd'hui de maintenir les comptes du CPAS à l'équilibre, la présidente estime que de telles augmentations ne pourront pas être consenties chaque année.

L'opposition interroge la pérennité des services

À l'issue de la présentation, les élus de l'opposition ont principalement concentré leurs questions sur le déficit du service des titres-services et sur l'impact des réformes.

Jérôme Meuris, conseiller MR, a souligné que la disparition du service des titres-services permettrait de supprimer ce déficit. Une analyse approuvée par la présidente, qui a toutefois précisé que de nouvelles charges liées à la crèche allaient apparaître.

Fabrice Desterke, conseiller PS, s'est quant à lui interrogé sur une éventuelle augmentation de la demande d'aide sociale à la suite des récentes réformes. Selon Pascaline Lejour, leurs effets restent pour l'instant limités à Ellezelles. Le nombre de dossiers demeure stable et la charge de travail des assistants sociaux n'a pas augmenté.

En conclusion, le bourgmestre Alexandre Boitte a tenu à mettre en lumière le travail réalisé par les équipes du CPAS.


E.H.