Dominique Marcil : «Je crois que le Flobecquois est déçu de ces conseils communaux qui durent des heures et tournent en rond»»
Dominique Marcil, bourgmestre de Flobecq (MR) était notre invité dans Politiquement (in)correct. Il est revenu pour nous sur l'ambiance tendue des conseils communaux.
En 2009, Dominique Marcil décide d'arrêter la politique à cause de son ambiance délétère. Mais désormais bourgmestre, l'ambiance est de nouveau très tendue. "Je suis effectivement parti pour un dégout par rapport à l'ambiance. Elle n'est pas meilleure actuellement mais ma position est différente. Je préside la séance et donc c'est nettement plus facile pour moi que d'être conseiller dans l'opposition". Les échanges entre le bourgmestre, l'un de ses échevins Xavier Vancoppenolle (Engagés-Audacité) et Phillipe Mettens (Flobecq Vivacité) dans l'opposition, sont de plus en plus tendus. "J'essaie de gérer les séances comme je peux. Je pense que j'ai quand même une certaine autorité. Il y a des choses qui changeront lors des prochains conseils communaux. Le conseil sera beaucoup plus policé et j'ai d'ailleurs proposé à Notélé de pouvoir gérer l'ensemble des micros pour que le débat soit beaucoup plus clair et démocratique".
A l'heure actuelle, tous les conseils ne sont pas retransmis. "Le choix était motivé par deux choses, pointe le libéral. La première c'était surtout pour éviter la représentation théâtrale que sont nos conseils communaux. Et la deuxième raison était budgétaire. Pour les conseils très légers avec des points peu importants, nous avons décidé de ne pas les rediffuser". Le Flobecquois est-il perdant dans cette histoire ? "Des retransmissions il y en aura. Mais je crois que le Flobecquois est déçu de ces conseils communaux qui durent des heures et qui finalement tournent en rond".
Quand on lui demande s'il pense que l'ambiance théâtrale des conseils communaux de Flobecq va encore longtemps perdurer, Dominique Marcil se montre plutôt pessimiste. "Cela risque de durer encore quatre ans et demi, jusqu'à la fin du mandat, dit-il. J'ai essayé l'an dernier d'apaiser les tensions, avec une petite communication juste avant l'été. Cela n'a pas fonctionné. Avec le bal des bourgmestres, quelque chose qui n'a je pense jamais été fait en Wallonie ou en Belgique, j'ai essayé de tendre la main à l'opposition. Cet évènement a été très bien vécu, surtout par la population flobecquoise. Mais le politique n'a toujours pas compris".
Selon le bourgmestre la politique n'est pas forcément devenue plus piquante, plus encline au clash, qu'avant son départ de la politique. "Tout dépend des communes. J'envie Beloeil et Silly pour leurs conseils communaux et l'ambiance qu'ils ont".
Le bulletin de notes
Nous avons également profité du passage de Dominique Marcil dans notre émission pour lui demander quelle note il donnerait à son échevin Xavier Vancoppenolle et à Philippe Mettens, de l'opposition. Pour le premier cité, il lui met la note de 7/10. "Il m'a coté 7/10, je fais pareil, précise-t-il. Et si demain il arrive à l'heure au collège, je lui mets 8/10. C'est une bonne note. C'est un confrère avec qui j'ai une belle collaboration [ ... ] Je crois surtout qu'il y a une confiance entre nous, entre deux médecins qui travaillent main dans la main. Si je devais lui donner une qualité et un défaut ? Sa fidélité en qualité et le fait qu'il faut parfois le rappeler plusieurs fois pour avoir une information comme défaut".
Le climat n'est-il finalement pas aussi tendu qu'il n'y paraît avec les Engagés ? On se rappelle de plusieurs polémiques (la polémique flamingante avec un conseiller, le retour de la directrice générale qui est la compagne d'un échevin Engagé) où on a senti un climat très tendu politiquement. La rupture était-elle proche à un moment donné ? "Non, il n'y a pas eu de climat aussi délétère, répond Dominique Marcil. Et puis il faut quand même savoir que j'ai un caractère assez dur dans les discussions, je sais ce que je veux. Malheureusement, le conseiller ayant dérapé devait partir, il est parti. Je ne lui ai pas laissé le choix de refuser de démissionner". Dans le cas contraire, le bourgmestre explique que cela n'aurait pas été le motif d'un divorce entre les deux partenaires de majorité. "Je pense qu'il y avait des gens assez intelligents à table pour savoir que cette décision était inéluctable".
A propos de Phillippe Mettens, que Dominique Marcil n'a "jamais autant rencontré que ces 18 derniers mois alors que nous sommes voisins et à qui j'ai tendu la main régulièrement et à qui j'essaierai encore", le libéral a décidé de lui octroyer deux notes. "Je lui mets une cote privé de 8/10 et une 5/10 en politique pour son comportement lors des conseils communaux". Le bourgmestre estime que le socialiste n'est pas un adversaire politique. "Car je ne considère pas la politique comme un combat. Je pense qu'il n'a pas encore compris qu'il faut que l'on travaille main dans la main pour le bien de tous les Flobecquois. Au jeu de la qualité et du défaut, je dirais qu'il s'agit de quelqu'un de festif dans le privé mais peu fréquentable au niveau politique. Il a des idées très arrêtées, son discours est très rugueux et violent, ça ne correspond pas du tout à ma personnalité".
L.C.