Pride de Tournai : Écolo demande à Marie Christine Marghem de renoncer à l'interdiction de certains symboles lors des futures manifestations
Pour la locale Ecolo tournaisienne "l'autorité communale gagne toujours à préserver la liberté d'expression plutôt qu'à trier les causes".
La polémique autour des conditions imposées à la Pride de Tournai rebondit deux jours après l'événement. Dans un communiqué publié ce lundi, Écolo Tournai demande à la bourgmestre Marie Christine Marghem (MR) de ne plus imposer, à l'avenir, l'interdiction des drapeaux et symboles sans lien avec la communauté LGBTQIA+ lors des manifestations.
Cette prise de position intervient deux jours après la deuxième édition de la Pride tournaisienne, qui a rassemblé plusieurs centaines de participants dans les rues de la ville. Si les écologistes saluent "un succès" et remercient les organisateurs pour "ce moment de partage", ils estiment que la disposition figurant dans l'autorisation communale soulève de sérieuses questions en matière de liberté d'expression.
Quelques jours avant la marche, les organisateurs avaient dénoncé une clause imposée dans l'autorisation de manifester. Celle-ci interdisait "tout drapeau, symbole, pancarte, banderole ou support revendicatif qui ne serait pas lié à la communauté LGBTQIA+". Une mesure justifiée, selon Écolo, par une demande de la police "pour des raisons d'apaisement et de sécurité afin d'éviter d'éventuelles tensions avec d'autres communautés", puis imposée par la bourgmestre, compétente en matière de sécurité.
Écolo interpelle sa partenaire de majorité
Membre de la majorité communale aux côtés du MR et des Engagés, Écolo explique avoir volontairement attendu la fin du week-end avant de s'exprimer publiquement.
"Face à cela, Écolo Tournai, en collaboration avec ses élues, a voulu éviter d'invisibiliser les revendications des associations organisatrices. Par profond respect pour leur travail, nous avons fait le choix délibéré de porter notre parole politique ce lundi", écrivent les écologistes.
Le parti estime que la décision d'interdire certains symboles "suscite l'incompréhension". Selon lui, "l'espace public doit rester le lieu de l'expression pacifique de toutes les solidarités, y compris envers le peuple palestinien". Écolo demande désormais à Marie Christine Marghem "de s'engager à abandonner ce type de disposition dans les futures demandes de manifestations".
Pour les écologistes, "l'autorité communale gagne toujours à préserver la liberté d'expression plutôt qu'à trier les causes".
Au-delà de la polémique
Dans son communiqué, Écolo met également en avant plusieurs revendications portées par les organisateurs de la Pride. Le parti souhaite notamment accélérer la mise en place d'actions concrètes en faveur de l'inclusion.
Il plaide pour l'installation d'un symbole permanent de la diversité dans l'espace public, la mise en place de formations à l'inclusion pour le personnel communal, les élus, les associations et les commerçants, ainsi que le développement d'actions de sensibilisation dans les écoles afin de lutter contre le harcèlement et les discriminations.
Pour Écolo, la Pride a rappelé que les personnes LGBTQIA+ restent confrontées au quotidien à des discriminations et que leur inclusion doit dépasser le seul cadre des célébrations du mois des fiertés.
J.C.