«On nous impose des travaux inutiles» : le bourgmestre de Mont-de-l'Enclus dénonce les exigences des syndicats de police lors de la modification budgétaire

«On nous impose des travaux inutiles» : le bourgmestre de Mont-de-l'Enclus dénonce les exigences des syndicats de police lors de la modification budgétaire

Mont-de-l’Enclus
«On nous impose des travaux inutiles» : le bourgmestre de Mont-de-l'Enclus dénonce les exigences des syndicats de police lors de la modification budgétaire

La première modification budgétaire 2026 de Mont-de-l'Enclus a été approuvée jeudi soir. Si les finances communales restent dans le vert, les débats ont surtout été marqués par le coup de gueule du bourgmestre Jean-Pierre Bourdeaud'huy à propos des aménagements exigés pour le bureau de police.

L'échevine des Finances, Christel Verschuere, a présenté jeudi soir la première modification budgétaire (MB1) de l'exercice 2026. À l'ordinaire, les recettes progressent de 276.690 euros pour atteindre 6,817 millions d'euros, tandis que les dépenses augmentent de 113.149 euros, à 5,816 millions d'euros.

Au final, le budget affiche un boni de l'exercice propre de 111.743 euros et un résultat budgétaire global de 1.001.546 euros, contre 838.004 euros lors du budget initial.

L'échevine a toutefois relativisé cette hausse des recettes. Une grande partie provient de l'intégration du boni de l'exercice précédent et de mises à jour sur base des montants communiqués par les autorités supérieures, notamment pour le Fonds des communes et l'impôt des personnes physiques. "Les recettes de l'exercice propre restent relativement stables", a-t-elle résumé.

Des dépenses maîtrisées malgré quelques adaptations

Les dépenses ordinaires progressent d'environ 2 %, une augmentation que Christel Verschuere juge "très raisonnable". Parmi les principales adaptations figurent la hausse des frais informatiques, liée à l'acquisition de nouveaux logiciels et à leur maintenance, le maintien des effectifs communaux avec le remplacement des futurs départs à la retraite, ainsi qu'un renforcement des formations afin de permettre au personnel de s'adapter aux nouvelles obligations et aux outils numériques imposés par la Région wallonne.

La commune prévoit également quelques investissements plus modestes, comme l'installation d'une connexion internet dans une maison de village, le rafraîchissement de bâtiments communaux, le remplacement de la chaudière de la bibliothèque ou encore l'achat d'un nouveau matériel de projection pour la salle du conseil communal. À l'inverse, la contribution à la zone de secours diminue de plus de 11.000 euros.

Des investissements qui se poursuivent

Le service extraordinaire concerne essentiellement des adaptations de crédits pour des projets déjà engagés. La modification budgétaire prévoit notamment des ajustements pour la rénovation énergétique de bâtiments communaux, la réfection de plusieurs voiries, l'aménagement des ateliers des ouvriers, des travaux d'égouttage à la place d'Amougies ainsi que la poursuite du dossier de résidence pour seniors afin de pouvoir solliciter des subsides. Au total, les investissements représentent près de 2,85 millions d'euros, financés à 77 % par emprunt, 10 % par subsides et 13 % sur fonds propres.

"On nous impose des travaux inutiles"

Le moment fort de la soirée est toutefois intervenu lors de la présentation d'un crédit de 25.000 euros destiné à aménager le futur bureau de police.

Jean-Pierre Bourdeaud'huy a expliqué que cette dépense répond aux nouvelles exigences des syndicats de police, qui imposent notamment la création d'un sas sécurisé et différents aménagements avant de pouvoir accueillir du public.

Le bourgmestre n'a pas caché son agacement face à cette demande. "On nous impose des travaux inutiles", a-t-il lancé devant le conseil communal.

Selon lui, ces exigences sont contradictoires avec les demandes d'économies adressées aux communes. Il a également regretté que ces investissements puissent devenir inutiles en cas de réforme des zones de police. "C'est de l'argent que l'on investit aujourd'hui et que l'on risque de perdre demain", a-t-il estimé, tout en précisant que la commune n'avait pas réellement le choix si elle souhaitait conserver un bureau de police sur son territoire.

Cette sortie intervient dans un contexte déjà tendu entre Jean-Pierre Bourdeaud'huy, également président de la zone de police du Val de l'Escaut, et les organisations syndicales. La veille encore, celles-ci avaient annoncé lever leur préavis de grève après avoir obtenu plusieurs engagements des autorités de la zone lors d'un comité de négociation. Elles avaient toutefois regretté l'absence du président de zone à cette réunion et prévenu qu'elles resteraient particulièrement vigilantes quant au respect des promesses formulées, n'excluant pas de nouvelles actions si celles-ci n'étaient pas tenues.

Un vote unanime à l'ordinaire, plus partagé à l'extraordinaire

En fin de séance, un échange a également eu lieu sur la création de bandes cyclables. Interpellé par Fabienne Hernould, Jean-Pierre Bourdeaud'huy a rappelé que la commune était attentive au développement de la mobilité douce, tout en soulignant que ce type d'aménagement reste très coûteux et dépend largement des subsides régionaux.

La modification budgétaire du service ordinaire a été approuvée à l'unanimité, l'opposition votant également en sa faveur. Le vote sur le service extraordinaire a en revanche été plus partagé : Marie-Rose Maes et Fabienne Hernould ont voté contre, Marnix Vanhonacker s'est abstenu, tandis que Virginie Guemjom était absente.


Théo Defranne