Ludivine Dedonder (PS) à propos de la réforme des pensions : «C'est un choix politique, et ce choix est injuste»
Dans notre émission Politiquement (In)correct, la député fédérale Ludivine Dedonder (PS), nous parle de la réforme des pensions.
Il y avait des tensions la semaine dernière au parlement fédéral. Deux visions s'opposent quant à la réforme des pensions : une vision économique prônée par la majorité Arizona, et une vision sociale défendue par l'opposition. Aux yeux de Ludivine Dedonder, députée fédérale du parti socialiste, cette réforme est un scandale.
Les gens travaillent dur toute leur vie. Ils cotisent, ils payent des impôts d'en moyenne 43% pour avoir au bout du compte une pension ridicule. L'une des plus basses d'Europe.
Ludivine Dedonder
L'argument économique est avancé par la majorité pour faire passer cette réforme. La dette de la Belgique continue à augmenter : elle correspond aujourd'hui à 107,9% des richesses produites par le pays. Pourtant, aux yeux de la députée, cette réforme des pensions est un choix politique et non une nécessité. "Jan Jambon l'a assumé. C'est un choix politique, il y avait des alternatives mais on ne les a pas choisies", explique-t-elle. "Ce gouvernement ne se pose pas la question de la maitrise budgétaire quand il achète pour quatre milliards de missiles américains. Quatre milliards, c'est exactement le montant des coupes budgétaires dans les pensions. C'est un choix politique, et ce choix est injuste".
Répartir les richesses
Selon la députée fédérale, il est temps d'adopter d'autres méthodes. Tant pour les pensions qu'en matière de financement. Elle suggère de demander une contribution financière aux banques, aux multinationales d'énergie. Elle affirme : "En Belgique, en 2024, les entreprises belges ont fait 163 milliards de bénéfice. Je pense qu'il y a moyen de répartir plus équitablement cette richesse".
L'une des principales préoccupations de Ludivine Dedonder est la pension de ceux qui ont des métiers pénibles. Selon elles, ils risquent de ne pas atteindre l'âge légal de la pension et de perdre ainsi plusieurs centaines d'euros. Elle affirme également que ces travailleurs, si la pénibilité de leur emploi les rend incapables de travailler jusqu'à l'âge de la pension, devront basculer sur l'invalidité et resteront une charge pour le budget de l'état.
L.aD.