« Ce n’est pas un costume sur mesure » : Jimmy Ababio ferme la porte à une modification du règlement du conseil communal de Péruwelz

« Ce n’est pas un costume sur mesure » : Jimmy Ababio ferme la porte à une modification du règlement du conseil communal de Péruwelz

Péruwelz

La conseillère indépendante Julie Wits a demandé de revoir le ROI.

Le règlement d'ordre intérieur du conseil communal de Péruwelz a de nouveau animé les débats ce jeudi soir. À travers une question orale d'actualité, la conseillère indépendante Julie Wits a interpellé le collège communal sur la rigidité du cadre encadrant les prises de parole en séance, quelques semaines après un conseil particulièrement tendu ayant conduit à l'interruption des débats et au départ d'un conseiller communal.

Dans son intervention, Julie Wits s'est interrogée sur " le degré de rigidité " des règles actuelles. Sans remettre en cause la nécessité d'un cadre, elle a demandé si une analyse comparative avec d'autres communes wallonnes avait été menée et si une réflexion était envisagée pour " assouplir certaines modalités ", notamment concernant le nombre de questions orales, les temps de réplique ou encore les possibilités d'échanges complémentaires.

La conseillère a également évoqué les tensions apparues lors de la précédente séance du conseil communal. Selon elle, cet épisode soulève des questions sur " les modalités d'application du règlement " et sur l'équilibre entre l'encadrement des débats et " le droit des conseillers à un échange démocratique constructif ".

Face à ces interrogations, le bourgmestre Jimmy Ababio (PS) a été clair : le collège n'envisage pas de modifier le règlement d'ordre intérieur " à court terme ".

" Ce règlement, rappelons-le, n'est pas le nôtre. Il a été écrit, voté et validé par l'ancienne mandature ", a-t-il souligné, rappelant que le texte avait également été validé par la tutelle régionale. Le maïeur a même invité Julie Wits à se tourner vers " son collègue de gauche, Monsieur Palermo ", pour obtenir davantage d'explications sur " l'historique de ce texte ".

Jimmy Ababio n'a pas manqué de rappeler que l'actuelle majorité avait elle-même contesté certains points de ce ROI lorsqu'elle siégeait dans l'opposition. " Mais la tutelle a validé le texte et nous nous en sommes inclinés. Parce que c'est ça aussi la démocratie ", a-t-il déclaré.

Le bourgmestre a surtout insisté sur la nécessité de respecter les règles communes. " Un règlement, ce n'est pas un costume sur mesure qu'on élargit ou qu'on rétrécit selon la place qu'on occupe autour de cette table ", a-t-il lancé.

Concernant les questions d'actualité, Jimmy Ababio a rappelé que le fonctionnement prévu par le ROI est clair : " L'auteur ou l'autrice pose sa question, le collège répond et l'auteur ou l'autrice réplique et a le dernier mot. Point. " Il a insisté sur le fait qu'aucun autre conseiller ne peut intervenir dans ce cadre précis. " Si on commence à laisser n'importe quel membre du conseil communal couper la parole ou s'improviser coauteur d'une question, ce n'est plus du débat, mais de la confusion. "

S'il défend la fermeté sur le respect des règles, le bourgmestre affirme néanmoins privilégier une certaine souplesse dans la conduite des séances. " Je n'ai jamais siégé ici avec un chronomètre à la main ", a-t-il assuré, expliquant laisser régulièrement les élus dépasser légèrement leur temps de parole " pour aller au bout du dossier ".

Selon lui, les tensions du dernier conseil communal ne trouvent pas leur origine dans un règlement trop rigide, mais plutôt dans " une tentative de passer outre ". Son rôle, a-t-il rappelé, consiste à permettre à chacun de s'exprimer " dans le calme et le respect de la parole de l'autre ".

Jimmy Ababio a également appelé les élus à se concentrer davantage sur les préoccupations concrètes des habitants. " Les Péruwelziens attendent autre chose de nous que des débats de procédure ou des suspensions de séance. Ils veulent qu'on parle de leur quotidien, de projets, de leurs routes ", a-t-il déclaré.

En conclusion, le bourgmestre a invité l'ensemble des conseillers à relire le règlement d'ordre intérieur afin de mieux connaître " leurs droits et devoirs ". Comparant le texte au code de la route, il a estimé que " si personne ne prend connaissance des règles pour circuler, le résultat ne peut qu'être catastrophique ".

Une réponse qui n'a pas convaincu Julie Wits.


J.C.