Leïla Detombe sur la venue de l'ambassadeur du Ghana à Péruwelz

Leïla Detombe sur la venue de l'ambassadeur du Ghana à Péruwelz

Péruwelz

Leïla Detombe, échevine du Jumelage et de l'Inclusion et Egalité des chances à Péruwelz (RPP) était notre invitée dans Politiquement (in)correct. Elle est revenue pour nous sur la venue de l'ambassadeur du Ghana.

Il y a deux semaines, le bourgmestre Jimmy Ababio (PS) recevait l'ambassadeur du Ghana à Péruwelz, accompagné de membres du collège communal. Mais pas de Leïla Detombe (RPP), échevine de l'Inclusion et de l'Egalité des chances. Empêchement personnel ou boycott ? "Aucune des deux raisons, explique l'échevine. J'avais simplement prévenu Jimmy et le collège, dès le début du lancement du projet, que je ne serai pas présente par respect pour les valeurs qui sont les miennes. Mais je reste ouverte à la discussion".

Pour rappel, au Ghana, l'identité LGBT+ est criminalisée et stigmatisée : est-ce normal que le collège communal choisisse quand même d'inviter un ambassadeur de ce pays ?"L'ambassadeur est venu en connaissance de cause, je pense qu'il s'est quand même renseigné avant de venir chez nous. Et puis je respecte Jimmy et sa culture, le fait qu'il soit d'origine ghanéenne. C'est normal que chacun, avec ses petites particularités, essaie de faire évoluer le monde comme il peut".

Leïla Detombe réfute également le fait que cette venue ait créé une crise au sein du collège. "Absolument pas, dit-elle. On en a parlé tous ensemble. Je leur ai expliqué ma démarche, ils ont compris et tout s'est très bien passé". Et en cas d'invitation par l'ambassadeur, irait-elle le rencontrer ? "Je sais qu'il a invité le collège dans son entièreté ainsi que le cabinet. On verra mais pourquoi pas". 

Les jumelages

Dans ses interviews, Jimmy Ababio a évoqué la possibilité d'un jumelage avec un village ghanéen. Leïla Detombe est justement échevine du jumelage. Pour elle, c'est oui ou bien c'est non ? "Ayant le jumelage dans mes attributions, c'est vrai que c'est un peu délicat. Quand on dit jumelage, on pense à la fête. Mais il y a autre chose. Un jumelage peut être vu plutôt de manière humanitaire en permettant, pourquoi pas, à des enfants d'aller à l'école sereinement. Est-ce que je m'imagine signer cet accord de jumelage ? Je pense honnêtement que je dois faire la part des choses, tout le monde doit le faire. Mais y-a-t-il une seule personne qui serait contre un jumelage humanitaire pour aider par exemple les enfants dans les écoles à avoir des bancs ou des fournitures ?".

En parlant des jumelages, ont-ils encore un sens à l'heure actuelle ? "Oui, lance l'échevine. Je pense qu'on doit continuer ce genre d'échanges. Que ce soit avec des villes européennes ou du monde entier. Quand on voit ce qu'il se passe ailleurs... je pense à l'Ukraine qui n'est pas si loin de chez nous. On vit peut-être actuellement un changement du monde et je pense que ça vaut vraiment la peine de continuer".

Outre les jumelages, il y a également la question des localités limitrophes. Récemment, le RN est arrivé au pouvoir dans plusieurs villes de France. Si un village comme Jaunay-Marigny ou Paray-Vieille-Poste venait à basculer à l'extrême droite, cela changerait-il les relations avec Péruwelz ? "Les élections municipales ont eu lieu au mois de mars. Je les ai d'ailleurs vécues en direct lors de notre échange à la foire aux vins de Jaunay-Marigny. Il n'y a pas eu de soucis à ce niveau-là. C'est clair que c'est un autre débat si on commence à parler de listes d'extrême droite, comme à Hergnies, qui arrivent au pouvoir".


L.C.