Grève chez Bpost : sans garanties sur l’avenir, les travailleurs ne veulent rien lâcher
Les syndicats verrouillent la communication en attendant les résultats des discussions.
Quelques jours après l'annonce d'un "pré-accord" par la direction de Bpost, les centres de tri et de distribution sont toujours à l'arrêt. Les travailleurs demandent des engagements écrits sur les conditions qui leur sont proposées, et l'assurance que le plan de transformation initial ne refera pas surface dans les mois ou les années qui viennent. "C'est la grève la plus importante que j'ai connue en plus de trente ans de carrière", nous confie un employé qui a préféré ne pas être filmé. "On ne va pas lâcher maintenant sans être certains qu'ils ne nous referont pas le coup dès qu'on aura le dos tourné." Après l'abandon du volet mobilité du plan de transformation (des travailleurs auraient dû se déplacer d'un centre à l'autre en fonction des besoins), les syndicats demandent aujourd'hui des garanties sur les propositions avancées par la direction, en termes d'horaires de travail notamment.
On ne fait pas ça par plaisir, ça nous coûte cher à nous aussi de faire cette grève
Les grévistes de Wallonie picarde font partie des plus tenaces. Le mouvement de grève, lancé depuis le centre Masspost de Mouscron le 27 mars dernier, a essaimé partout en Belgique dans les jours qui ont suivi. Après une reprise partielle du travail dans certaines régions, le mouvement s'est à nouveau durci dans l'ensemble de la Wallonie et à Bruxelles après l'échec de la concertation la semaine dernière. Néanmoins, les travailleurs que nous avons rencontrés disent souffrir de la mauvaise image véhiculée par leur combat. "Sur les réseaux sociaux les gens nous traitent de fainéants, mais qu'ils viennent voir dans quelles conditions on travaille" lâche une gréviste excédée. "On nous a assez vus, pas besoin de nous filmer", déclare un autre. Un sentiment qui semble alimenter une certaine méfiance envers les médias et la manière dont leur combat est relayé.
Alors qu'on pensait voir le bout du tunnel suite aux discussions qui se sont tenues ce lundi entre direction et syndicats, ces derniers ont brusquement coupé la communication ce mardi matin. Plus aucune explication ne nous parvient sur le contenu des négociations, les organisations syndicales indiquent une nécessité impérieuse de revenir vers leur base avant d'accorder une quelconque interview.
J.CR.