Estaimpuis : les travaux de lutte contre les inondations à la Chaussée de Dottignies auront-ils lieu un jour ?
Cela fait des années que le sujet est sur la table sans réel avancement.
Lors du conseil communal de ce lundi soir, la question des travaux de lutte contre les inondations à la Chaussée de Dottignies a été abordée. Le conseiller Engagés Patrick Van Honacker a ainsi interpellé la majorité concernant l'état d'avancement de ces travaux, qui s'étendent à la fois sur Estaimpuis mais également sur Mouscron. La phase 1 doit en effet être terminée pour décembre 2027 si les deux communes ne veulent pas perdre les subsides. Les phases 2 et 3 sont censées suivre. "Les enjeux financiers sont importants et entraînent de vastes réflexions", a conclu le conseiller de l'opposition.
Un dossier complexe avec plusieurs partenaires
François Deconinck, échevin en charge des inondations, a souligné le caractère complexe de ces travaux, qui impliquent à la fois la commune d'Estaimpuis, la Ville de Mouscron, le SPW et IPALLE. "Depuis nos derniers échanges, je peux vous indiquer que Monsieur le Bourgmestre a eu, ce vendredi 17 avril, un contact avec Madame la Bourgmestre de Mouscron. Lors de cet échange, deux aspects essentiels ont été clairement abordés. D'une part, l'aspect technique, avec la nécessité impérative d'apporter des solutions efficaces aux problèmes d'inondations que nous connaissons. D'autre part, l'aspect financier, puisque l'engagement dans ce chantier, même phasé, représente un impact potentiellement très important pour les finances communales, si nous engageons ce chantier. En effet, si la phase 1 constitue une première étape, ce sont surtout les phases 2 et 3 qui sont déterminantes pour résoudre structurellement les problèmes d'inondations à Estaimpuis."
La commune d'Estaimpuis souhaite donc être certaine de la position de la Ville de Mouscron "Dans ce contexte, il est essentiel que la Ville de Mouscron puisse s'engager clairement sur la réalisation de l'ensemble du projet, et en particulier des phases 2 et 3, afin d'éviter que ce dossier ne s'étale sur une durée excessive, que l'on pourrait malheureusement estimer à plusieurs décennies." Un courrier sera donc envoyé afin de connaître le positionnement mouscronnois.
Des travaux coûteux mais néanmoins nécessaires
Patrick Van Honacker a ensuite expliqué comprendre les enjeux, mais considère que la nécessité des travaux n'est pas à négliger. Un avis partagé par le bourgmestre Frédéric Di Lorenzo, qui se veut tout de même prudent. Il a souligné le fait que, depuis la première estimation, les différentes guerres dans le monde, le Covid, l'augmentation énergétique ou encore la situation géopolitique actuelle avaient eu leur impact : "D'une situation où on se trouvait avec une estimation de prix pour pouvoir établir ce chantier de 700 000€ à l'époque, cela a été multiplié par trois (...) Vous parlez de subsides. Il y a eu des subsides qui ont été placés à Mouscron et à Estaimpuis. Je veux juste rappeler que, sur Estaimpuis, c'est 360 000€. Que ça ne couvre que la partie de la phase numéro 1 du chantier et que les phases numéro 2 et 3 sont les plus importantes pour Estaimpuis car ce sont celles-là qui règleront la problématique d'inondation."
Une responsabilité politique
Le bourgmestre a donc insisté sur l'impact pour les Estaimpuisiens et sur la responsabilité de la commune. "Quand je vous dis que j'aimerais que Mouscron puisse m'écrire noir sur blanc qu'ils vont s'engager sur la phase 2 et la phase 3, et pas dans 30 ans, c'est bien pour l'intérêt des Estaimpuisiens (...) Ensuite, une fois que l'on aura l'engagement de Mouscron, il va falloir que nous tous ici autour de la table puissions avoir la responsabilité politique d'engager financièrement un chantier qui va coûter cette fois-ci des millions d'euros", a-t-il ainsi conclu.
E.H.