Comines-Warneton : la commune plaide pour préserver ses services face à la réforme des provinces
Majorité et opposition ont exprimé leurs inquiétudes face à une éventuelle suppression des provinces. Tous insistent sur la nécessité de garantir les services aux citoyens d’une commune au statut particulier.
Le conseil communal de Comines-Warneton s’est prononcé sur la réforme de l’institution provinciale, alors que leur suppression est envisagée au niveau fédéral. Les communes sont consultées sur un possible transfert des compétences, vers la Région wallonne ou vers le niveau local.
Présent à une réunion d’information, l’échevin Philippe Mouton évoque un certain flou autour du projet. "La réunion s’est déroulée de manière courtoise, avec beaucoup de revendications émises par plusieurs dizaines d’élus. Le responsable du cabinet a essayé de répondre aux questions, mais j’ai senti quand même une forme d’embarras", explique-t-il. Il rappelle aussi l’importance concrète de la province à Comines-Warneton, notamment via des actions culturelles ou encore un service de soutien en santé mentale "dont beaucoup de citoyens profitent sans devoir se déplacer jusqu’à Tournai".
La bourgmestre Alice Leeuwerck a insisté sur les spécificités de l’entité, à la fois enclavée et soumise à un statut administratif particulier. Elle met en avant le rôle central de la province dans la gestion des cours d’eau et la prévention des inondations : "C’est un travail conséquent, parfois énorme, qui nécessite une coordination étroite, notamment avec la Flandre. Pas un instant, je n’imagine de donner en charge à notre commune ces différentes fonctions." Et d’avertir : "On imagine que le dispatching pourrait se faire dans la neutralité budgétaire et des ressources humaines. C’est une gageure, ce n’est pas possible."
Du côté de l’opposition, le conseiller communal David Werquin appelle lui aussi à la vigilance : "Nous devrons être vigilants tout au long de cette réforme sur les intérêts de notre commune. La disparition des élus provinciaux est la seule chose concrète aujourd’hui, mais la réforme est beaucoup plus complexe." L’échevin d’opposition Jean-Jacques Pieters insiste, lui, sur les conséquences pour les citoyens et le personnel : il demande de garantir "une neutralité fiscale pour les citoyens" et de veiller à "la préservation des conditions de travail du personnel".
Au terme des échanges, le conseil communal a adopté à l’unanimité un avis appelant à la prudence. Tous les groupes demandent qu’en cas de réforme, les communes bénéficient d’une "neutralité budgétaire totale à long terme, tant en termes de ressources humaines que matérielles", afin de garantir la continuité des services à la population.
Théo Defranne