Pollution de l’eau de distribution aux PFAS : le PS réclame des éclaircissements sur les mesures sanitaires et davantage de transparence

Pollution de l’eau de distribution aux PFAS : le PS réclame des éclaircissements sur les mesures sanitaires et davantage de transparence

Chièvres
Pollution de l’eau de distribution aux PFAS : le PS réclame des éclaircissements sur les mesures sanitaires et davantage de transparence

La conseillère d'opposition, Marie-Claude Leroy, a soulevé plusieurs interrogations lors du conseil communal de Chièvres.

Ce mercredi soir, lors du conseil communal de Chièvres, la conseillère d'opposition Marie-Claude Leroy (PS) a interpellé la majorité sur le dossier de la pollution de l'eau de distribution aux PFAS. Elle a notamment réclamé davantage de transparence et formulé plusieurs interrogations concernant les mesures sanitaires

C'est en dénonçant l'organisation d'une visite européenne avortée, à laquelle l'opposition n'avait pas été conviée, que la conseillère socialiste a débuté son intervention. Un exemple qui, selon elle, illustre le manque de communication autour de ce dossier. "Dans un dossier aussi sensible, la transparence et l'implication de l'ensemble des représentants élus devraient être la règle et non l'exception", a-t-elle dénoncé. L'élue pointe également un manque de communication plus global envers les citoyens, dont l'inquiétude est "forte et légitime".

De son côté, l'échevin de la Santé se défend : "Vous n'ignorez certainement pas que des actions en justice ont été entreprises, soit par des personnes physiques, soit par des collectifs. Dès lors, toutes les branches du pouvoir exécutif sont tenues à des devoirs de réserve et de confidentialité, règles qui s'imposent également à nous", précise Frédéric Jonckers (Commune En'Vie).

Le testing des moins de 12 ans au coeur des préoccupations

Alors qu'une nouvelle campagne de testing sanguin aura lieu fin avril/début mai via un bus mobile, la conseillère d'opposition s'étonne de l'exclusion des enfants de moins de 12 ans.

En réponse, l'échevin de la Santé, Frédéric Jonckers, rappelle avoir interpellé le ministre à ce sujet à deux reprises. Il cite notamment la réponse d'Yves Coppieters pour étayer son propos. Celui-ci évoque des résultats "difficilement interprétables et générateurs de stress". Les résultats peuvent aussi fortement varier en fonction de l'âge, de la croissance et de l'allaitement. "Il n'y a pas non plus de seuils sanitaires clairs et validés pour la population pédiatrique", ajoute l'échevin.

Il précise également que ce testing concerne tous les foyers alimentés par l'eau provenant du puits n°1. "Cela signifie que même les habitants ayant déjà été testés peuvent se faire retester", indique-t-il. Les personnes ayant fréquenté Chièvres sans y habiter, ou n'y résidant plus, peuvent également se faire tester, avec un effet rétroactif jusqu'en 2017. "Dans ce cas, l'AVIQ ne dispose pas des coordonnées des personnes concernées. Le citoyen qui pense entrer dans ces critères doit contacter le service Environnement, qui vérifie l'éligibilité de l'adresse. Si celle-ci est confirmée, le citoyen est redirigé vers l'AVIQ pour la prise de rendez-vous", précise encore Frédéric Jonckers.

Quid des filtres ?

Parmi les autres sources d'inquiétude, l'utilisation des filtres. Marie-Claude Leroy s'interroge notamment sur les systèmes de filtration installés au niveau des fontaines à eau des écoles de l'entité. "La commune envisage-t-elle l'installation de systèmes de filtration adaptés, comme des filtres à charbon actif ou des systèmes d'osmose, afin de protéger les enfants ?", a-t-elle demandé, rappelant qu'une demande en ce sens avait déjà été formulée en juillet 2025.

La conseillère socialiste déplore par ailleurs qu'aucune mesure concrète n'ait été inscrite dans le budget 2026. "La santé publique, et en particulier celle de nos enfants, constitue-t-elle réellement une priorité pour la majorité ? Ou devons-nous comprendre que d'autres choix budgétaires ont été jugés plus importants que la protection sanitaire de la population ?", interpelle-t-elle.

L'échevin se veut rassurant concernant l'eau distribuée dans les écoles : "Il y a des fontaines à eau équipées de filtres remplacés deux fois par an dans le cadre d'un contrat d'entretien. Des contrôles aléatoires sont organisés par la SWDE. Des analyses sont également réalisées par Aqua Vita lors des remplacements de filtres".

Une fréquence jugée toutefois insuffisante par la conseillère socialiste : "Vu les risques de pollution à Chièvres, le principe de précaution devrait s'appliquer et les filtres être renouvelés beaucoup plus régulièrement", estime-t-elle.

L'échevin précise également que les taux de PFAS dans l'eau de Chièvres sont aujourd'hui contrôlés régulièrement. "Les dernières analyses de la SWDE indiquent des taux de PFAS-20 de 0 ng/l et de PFAS-4 de 0 ng/l au robinet", détaille-t-il, ajoutant que la fréquence des analyses est désormais mensuelle, et non plus hebdomadaire.

Les filtres à charbon installés au niveau du puits n°1 sont, quant à eux, remplacés tous les deux mois.

Les résultats du biomonitoring toujours attendus

Marie-Claude Leroy s'étonne également de ne pas encore avoir reçu les résultats des questionnaires établis dans le cadre du biomonitoring en 2024, censés permettre d'établir un état des lieux sanitaire objectif. "En mars 2025, le ministre Yves Coppieters s'était engagé publiquement à transmettre ces données pour juin 2025. Nous sommes aujourd'hui près d'un an après cette échéance, et toujours rien", déplore-t-elle.

Ce jeudi après-midi, lors d'une visite du ministre à la caserne-école de Bauffe pour faire le point sur le dossier, des représentants communaux, du conseil consultatif PFAS de Chièvres, ainsi que de la SWDE et du SPW étaient présents. À cette occasion, Philippe Raucq, référent PFAS de l'ARNE, a indiqué que l'analyse des questionnaires était désormais finalisée et que les résultats seraient communiqués prochainement.

L'avenir du puits n°1 en question

Enfin, l'avenir du puits n°1 est une nouvelle fois revenu sur la table du conseil communal. Alors qu'une demande de régularisation introduite par la SWDE a reçu un avis négatif de la commune, Marie-Claude Leroy estime que la Ville aurait dû introduire un recours contre la décision du SPW ayant autorisé cette régularisation. "Vous laissez tomber ? On laisse la SWDE gagner ?", a-t-elle lancé.

Pour l'échevin de la Santé, un recours était difficilement envisageable, notamment en raison du délai très court pour l'introduire et du manque d'éléments solides. La Ville affirme par ailleurs vouloir maintenir un dialogue constructif avec la SWDE. "Cela permet de conserver un canal de communication et de travailler plus efficacement à un objectif commun : la suppression du puits n°1", explique Frédéric Jonckers, tout en précisant que des solutions sont à l'étude, mais ne pourront pas être mises en oeuvre avant 2032.

Lors de la visite ministérielle, Benoît Moulin, porte-parole de la SWDE, a indiqué qu'une nouvelle source d'alimentation en eau pourrait prochainement permettre de pallier la fermeture du puits.


A.D.