«La sécurité des Chièvrois n'est plus garantie» : l'opposition PS tire la sonnette d'alarme sur le manque de pompiers à la caserne de Chièvres

«La sécurité des Chièvrois n'est plus garantie» : l'opposition PS tire la sonnette d'alarme sur le manque de pompiers à la caserne de Chièvres

Chièvres

Basée majoritairement sur des pompiers volontaires, la zone de secours Hainaut Centre fait face à un manque d’effectifs.

Ce mercredi soir, les conseillers communaux de Chièvres étaient amenés à voter la dotation destinée à la zone de secours Hainaut Centre. Celle-ci s'élève à 204 573,80 euros, soit une diminution de près de 17 000 euros (16 584,91 euros) par rapport à l'an dernier, suite à l'intervention de la Province de Hainaut. "Sans cette intervention financière, la dotation communale serait bien plus importante et les Chièvrois seraient mis encore un peu plus à contribution. Aujourd'hui, le coût s'élève à environ 32 euros par habitant", note Olivier Hartiel, conseiller communal et provincial (PS), évoquant d'ailleurs les discussions autour de la suppression des provinces.

Le conseiller socialiste a également tiré la sonnette d'alarme sur la situation de la caserne de Chièvres. "Il nous revient que le souci principal reste la disponibilité et l'effectif de volontaires pour un départ de la caserne de Chièvres", explique-t-il. "Pour le poste de Chièvres, on compte moins de 15 pompiers actifs sur papier, dont 8 réguliers. La plupart n'ont aucune disponibilité en semaine, en journée, et à peine de quoi mobiliser un camion en soirée ou le week-end".

Olivier Hartiel pointe également l'absence de pompiers professionnels et le nombre important d'agents indisponibles en raison de formations ou de tests d'inaptitude physique. Selon lui, il est impératif de mettre en place un système de garde sous toit en caserne pour sauver ce poste. "Il y a un peu plus de 12 ans, la ville de Chièvres avait investi plus de 4,8 millions d'euros, avec un subside de la Région wallonne, dans une caserne-école. Mais à notre grand regret, la sécurité des Chièvroises et Chièvrois aujourd'hui n'est plus garantie", a-t-il déclaré.

Un sentiment partagé

De son côté, la bourgmestre Zoë Delhaye (Commune En'Vie) partage le même sentiment, tout comme ses homologues des communes voisines de Brugelette et Lens, avec lesquels des contacts ont déjà été noués. "Des réunions ont été organisées, tant avec la zone de secours qu'avec des parties prenantes comme la base militaire, pour réfléchir à cette problématique et intervenir plus rapidement sur la base et sur le territoire", explique la bourgmestre.

La volonté des trois bourgmestres est avant tout de professionnaliser la caserne de Chièvres afin de répondre au contexte actuel. La caserne se situe en effet à proximité immédiate de la base aérienne, où une centaine de nouveaux logements vont être construits, ainsi que du parc Pairi Daiza, en constante expansion. Si les solutions semblent claires, il reste désormais à trouver des sources de financement. Les autorités communales sont, pour l'heure, en attente de réponses.

Bientôt un transfert de propriété vers la zone de secours ou la province ?

Dans le même temps, le conseiller d'opposition s'est inquiété de l'état de la caserne, inaugurée en novembre 2013. "Le poste de Chièvres se meurt", a déploré Olivier Hartiel. La majorité étudie actuellement la possibilité de transférer la propriété de la caserne à la zone de secours ou à la Province de Hainaut et a interpellé le CRAC (Centre régional d'aide aux communes) à ce sujet. "L'acquisition du bâtiment était assortie de subsides, c'est pourquoi nous avons interrogé le CRAC. Mais il serait plus opportun que la gestion de cette caserne revienne à la zone de secours plutôt qu'à la commune", a précisé la bourgmestre.

Un transfert qui inquiète Olivier Hartiel, compte tenu de l'incertitude qui plane sur l'avenir des provinces. Le conseiller a également rappelé le rôle que doit jouer le fédéral dans ce dossier.

Si les discussions sont en cours pour trouver des solutions, la situation reste délicate entre la nécessité d'alléger les finances communales, l'impact potentiel sur les provinces et l'impératif de garantir la sécurité, qui n'a pas de prix.


A.D.