Fake news et règlement de compte : ambiance délétère entre conseillers de l’opposition à Brugelette
Un simple débat sur le stationnement sur la Grand-Place a viré à une passe d’armes et des attaques ad hominem.
Pour comprendre le débat, un petit rappel des faits s'impose. Lors de funérailles en l'église de Brugelette, plusieurs amendes de stationnement ont été dressées à l'encontre de véhicules mal garés. Depuis les bancs de l'opposition, Michel Niezen, le chef de file des communaux, s'en était ému, estimant que depuis le réaménagement de la Grand-Place, les places de stationnement manquent cruellement.
Le débat aurait pu en rester là, mais c'était sans compter sur Fabrice De Visch. L'ex conseiller MR qui siège désormais comme indépendant, s'est indigné, dénonçant des contre-vérités. "Lors de cette intervention, il a été affirmé qu'une quarantaine de personnes présentes à cette cérémonie auraient reçu un constat d'infraction de stationnement, ce qui aurait suscité frustration et incompréhension. Or, les informations apparues par la suite ont montré que le nombre réel de constats dressés était nettement inférieur à ce qui avait été annoncé (NDLR : 10 fois moins), ce qui a contribué à amplifier une polémique qui ne correspondait pas pleinement à la réalité des faits" explique-t-il.
Loin de se dégonfler, Michel Niezen assume. "Je ne regrette pas d'avoir cité le nombre contesté de procès-verbaux. Le problème de stationnement sur la Grand-Place dure depuis longtemps sans solution concrète. Parfois, il faut forcer le trait pour faire bouger les choses. Reconnaissons-le, ça a marché, la question est revenue sur la table."
Passe d'armes
S'en sont suivis des échanges sur la séparation entre l'Eglise et l'Etat, l'obligation ou non pour un prêtre d'officier quelque soit les conditions d'accès aux lieux de culte ou encore la possibilité de réserver une place de parking à l'officiant. Autant de questions qui ont débouché sur un véritable règlement de comptes entre les deux conseillers communaux. Michel Niezen estime que Fabrice De Visch "n'est plus entouré de gens pouvant le conseiller et le calmer dans ses excès. Tout récemment, il s'est totalement isolé en rompant avec son équipe électorale Brugelette en mieux. Il a quitté le comité MR de Brugelette et il a démissionné du MR alors que ces 3 institutions l'ont toutes aidées à se faire élire au conseil communal. Il a trahi sa base électorale ce qui met en cause sa légitimité démocratique."
Une attaque à peine voilée qui a fait bouillir le principal concerné. "Les masques tombent. Par rapport à mes engagements personnels, cela ne concerne pas monsieur Niezen. Le mandat d'un conseiller communal n'appartient pas à un parti. Aujourd'hui ce que je viens d'entendre montre bien une chose : la sortie médiatique et le coup médiatique que monsieur Niezen revendiquent ne visent pas à protéger les citoyens qui ont du marcher pour aller à la messe mais vise bien à défendre l'officiant par rapport au fait qu'il a été verbalisé. Il faut savoir que suite à ce bad buzz, cette fake news, parce qu'il n'y a pas d'autres mots, l'agent constatateur a ramassé une volée de bois vert sur les réseaux sociaux, des insultes. Aujourd'hui, je demande que le groupe Les Communaux s'excuse publiquement auprès de lui" s'est défendu le conseiller indépendant.
Piqué au vif, Fabrice De Visch a d'ailleurs déposé une plainte auprès du Gouverneur de la Province de Hainaut et du ministre des Pouvoirs Locaux. Il reproche les faix inexacts avancés par le chef de file des Communaux, les attaques ad hominem et demande qu'un rappel aux règles déontologiques soit adressé ainsi qu'une invitation à formuler des excuses publiques.
Au-delà du fond, somme toute intéressant, on peut craindre que la forme et l'ambiance délétère des échanges n'éloignent le citoyen d'un débat d'intérêt général.
N.J.