Brunehaut, l’opposition mise sur santé pour tourner la page : « Dans toutes les communes avoisinantes, des maisons médicales se développent »
À Brunehaut, la tension politique ne retombe pas. Après le dépôt d’une plainte par la majorité contre deux élus de l’opposition, le conflit franchit un cap judiciaire. Invité de Politiquement Incorrect, le conseiller communal François Schietse (Ensemble pour Brunehaut) assume, contre-attaque… et projette déjà la fin de mandature avec une proposition phare : la création d’une maison médicale.
Début février, le conseil communal réuni à huis clos a autorisé le collège à se constituer partie civile contre deux élus d'opposition, Nadya Hilali et François Schietse. Les accusations évoquées parlent de harcèlement et d'atteinte à l'honneur. Une décision lourde de conséquences dans une commune déjà marquée par des mois de tensions.
" Je ne sais pas si c'est une saga. J'espère qu'on n'en arrive pas à une saga judiciaire, mais en tout cas, la majorité PS et MR engagés a décidé que le collège se constitue partie civile contre deux élus de l'opposition ", explique François Schietse, dans notre émission Politiquement Incorrect.
Pour lui, pas question de se laisser déstabiliser. « On est tout à fait sereins. On va continuer notre rôle d’opposition comme on l’a toujours fait : consulter les dossiers, les étudier, questionner. » L’élu insiste sur la protection institutionnelle dont bénéficient les conseillers communaux : « Notre rôle est protégé par la Convention des droits de l’homme et par les décrets et lois belges. »
Mais derrière l'argument juridique, c'est une bataille d'image qui se joue. " Malheureusement, c'est le citoyen qui trinque. Cette procédure est initiée avec des deniers publics. Pendant ce temps, les habitants voient leur IPP augmenter et attendent qu'on entretienne les voiries, les cimetières, les bâtiments publics. "
Une main tendue restée en suspens
Face au climat délétère, François Schietse assure avoir tenté l'apaisement. Il évoque une motion déposée au conseil communal, symboliquement intitulée " La main tendue ". Objectif : distinguer les débats de fond, légitimes et publics, des querelles de forme, qui pourraient se régler en dehors de l'arène communale.
" Il est normal qu'il y ait des divergences sur le fond entre majorité et opposition. Mais tout ce qui est formel pourrait se discuter à côté du conseil communal. "
Une rencontre a bien eu lieu entre Nadya Hilali et des membres de la majorité. Puis plus rien. " On ne sent pas vraiment une volonté de se mettre autour de la table. " L'élu reconnaît toutefois une avancée ponctuelle dans un dossier spécifique, saluant " un arrangement sur la forme " avec un échevin. La preuve, selon lui, que " du positif est possible ".
Reste que l'image de la commune souffre. " Quand vous vous déplacez dans les communes voisines de Wallonie picarde, on vous parle de Brunehaut et parfois on est la risée des environs. "
La maison médicale, un projet phare
À un an et quelques mois des prochaines échéances, François Schietse veut dépasser le conflit pour parler projets. Interpellé sur sa vision pour la fin de mandature, il met en avant une priorité claire : la création d'une maison médicale.
" Les médecins de l'entité sont vieillissants. Les citoyens ont réellement besoin de soins de proximité. Dans toutes les communes avoisinantes, des maisons médicales se développent. Pourquoi pas chez nous ? "
Le projet, inscrit dans le programme d'Ensemble pour Brunehaut, viserait à mettre à disposition un bâtiment communal pour accueillir médecins, paramédicaux et services connexes, dans un modèle locatif soutenu par la commune. Un lieu centralisé, accessible, avec parking et services à proximité.
L'endroit est déjà dans son viseur : l'ancienne conciergerie, à côté de l'administration communale, qui abritait autrefois les services de police. " Un bâtiment vide pendant des années, ce n'est pas une bonne gestion. On pourrait y mettre un moteur de projet. "
La proposition pourrait être formellement déposée lors d'un prochain conseil communal.
En attendant, le procès suivra son cours. Mais dans l'ombre du prétoire, l'opposition entend bien continuer à défendre sa vision d'une commune recentrée sur ses priorités concrètes : services, proximité et médecine locale.
O.W.