Ath : une rénovation en vue pour la tour Burbant et le site du château afin de renforcer le pôle culturel
La ludothèque "Pirouette" déménagera à l’automne 2026 dans les caves du château.
Lors du dernier conseil communal d'Ath, les élus ont donné leur feu vert au lancement de travaux de rénovation de la tour Burbant et du site du château. Le marché, estimé à près de 120 000 euros, concerne la désignation de l'auteur de projet chargé "d'assurer le suivi patrimonial et technique de la tour et du château Burbant". La mission englobe l'actualisation de la fiche sanitaire, l'assistance à la réalisation des travaux de restauration du mur d'enceinte ainsi que l'élaboration de l'avant-projet global.
"C'est l'un des symboles emblématiques de notre ville", souligne Christophe Degand (MR.@th). L'échevin du Patrimoine se réjouit de cette rénovation et insiste sur la nécessité d'agir rapidement. "L'urgence concerne le mur d'enceinte, qui se dégrade, ainsi que la toiture plate, qui subit des infiltrations. S'agissant d'un monument classé, nous avons travaillé en étroite collaboration avec les services de l'Agence wallonne du patrimoine, qui nous ont donné de précieux conseils d'ordre technique et administratif", a-t-il précisé. Le projet est par ailleurs éligible à un subside.
De son côté, Ludivine Gauthier (PS), échevine de la Culture, a rappelé l'importance du site pour le secteur culturel et associatif. "Le site est utilisé par notre Maison culturelle et différentes associations occupent les caves", a-t-elle précisé.
Les activités pourraient encore y être développées. "La rénovation de ce bâtiment permettra, dans tous les cas, une optimisation de son utilisation", explique Ludivine Gauthier.
La ludothèque déménagera dans les caves du château
Dans un souci d'économies, la ludothèque Pirouette quittera le bâtiment actuellement loué par la ville, rue aux Gâdes, pour s'installer dans les caves du château Burbant à l'automne 2026. Cette décision, prise en concertation avec l'ASBL, permettra une économie estimée à 27 000 euros pour la période 2026-2030.
"Cette relocalisation est une bonne décision à plusieurs titres. C'est d'abord un choix de bonne gestion qui met fin à la prise en charge d'un loyer privé et valorise le patrimoine communal. C'est aussi une décision cohérente sur le plan culturel et éducatif. Le jeu est un outil culturel, éducatif et social qui trouve naturellement sa place au sein de la Maison culturelle", a précisé Murielle Cornil (MR.@th). L'échevine en charge de la bibliothèque et de la ludothèque a également souligné que cette relocalisation permettrait de créer des synergies bénéfiques pour le public.

La ludothèque actuellement située à la rue aux Gâdes
L'accessibilité en question
Si la conseillère Cécile Dascotte (PS) comprend cette décision, elle s'inquiète toutefois de l'accessibilité du futur site. "Il serait, à mon sens, inimaginable qu'un tel lieu ne puisse plus accueillir une partie du public rendu plus fragile par les aléas de la vie. Par ailleurs, il conviendra de prévoir un espace protégé et sécurisé pour les poussettes. Certaines familles fréquentent l'établissement avec de jeunes enfants et doivent pouvoir entreposer leur poussette le temps de la visite", a-t-elle ajouté, évoquant notamment l'étroitesse des couloirs du sous-sol du château.
Pour l'échevine de la Culture, des solutions existent ou sont à l'étude. "Dans un premier temps, un espace situé au niveau du Montmirail sera réservé afin de permettre aux personnes à mobilité réduite de bénéficier des activités de la ludothèque", explique Ludivine Gauthier (PS). Elle précise également qu'il reviendra à l'auteur de projet d'étudier, en concertation, les pistes permettant d'organiser l'accessibilité autour du château.
Sans le soutien de la ville, la ludothèque ne peut pas fonctionner
La conseillère socialiste a aussi déploré la diminution du personnel au sein de l'asbl. "Le personnel a déjà été réduit il y a quelques semaines, voire quelques mois, avec des personnes qui ont dû partir. C'est regrettable. On comprend le contexte, mais même si l'asbl est gestionnaire, on sait aussi que sans le soutien de la ville, elle ne peut fonctionner".
"Une personne n'a en effet pas vu son contrat renouvelé", a confirmé l'échevine en charge de la ludothèque. "Il est vrai qu'il n'y avait pas eu d'indexation du subside pendant plusieurs années. Aujourd'hui, nous poursuivons une indexation mesurée afin de leur permettre de continuer à garantir les services proposés au public", a-t-elle ajouté.
De vives critiques de la part d'Ecolo
De son côté, la conseillère Écolo Esther Ingabire s'est montrée très critique vis-à-vis de cette délocalisation, pointant un manque de cohérence de la ville dans son soutien à la structure. Rejoignant les préoccupations liées à l'accessibilité, elle a également soulevé la question des grands jeux. "Lorsque l'on loue ces jeux, leur transport est déjà compliqué. Comment les usagers feront-ils pour venir les chercher du côté de la tour Burbant ?", s'est-elle interrogée, évoquant aussi la cohabitation avec les nombreux stages et ateliers organisés sur le site.
Murielle Cornil (MR.@th) ne le cache pas : "En ce qui concerne les grands jeux, nous essayons de trouver une solution de stockage".
Si le déménagement de la ludothèque ne fait pas l'unanimité, pour l'échevine de la Culture "il faut le voir comme une opportunité et pas comme une contrainte". "Avec la rénovation et le réaménagement du site, la Ville entend créer un véritable pôle culturel. " L'idée est vraiment de favoriser une émulation culturelle autour du château", conclut Ludivine Gauthier (PS).
A.D.