Jean-Pierre Bourdeaud'huy : «On se battra corps et âme pour garder l'indépendance du Mont-de-l'Enclus»

Jean-Pierre Bourdeaud'huy : «On se battra corps et âme pour garder l'indépendance du Mont-de-l'Enclus»

Jean-Pierre Bourdeaud'huy, le bourgmestre de Mont-de-l'Enclus (MR), était notre invité dans Politiquement (in)correct. Il a évoqué pour nous sa position en défaveur de la fusion des communes.

Début janvier, lors des voeux du MR, Georges-Louis Bouchez, le président du parti, a annoncé vouloir créer des entités de 15.000 habitants ou rassemblant plusieurs communes d'un petit nombre d'habitants. Ce à quoi s'oppose Jean-Pierre Bourdeaud'huy, le bourgmestre du Mont-de-l'Enclus. "Je suis totalement contre cette fusion des communes pour la bonne et simple raison qu'au Mont-de-l'Enclus, on gère la commune financièrement. On a un petit trésor financier qui est derrière nous. Je crois que si demain on doit restructurer, c'est d'abord dans les grandes villes. Elles sont quasiment toutes en déficit budgétaire, sous le Centre Régional d'Aide aux Communes, que ce soit Tournai, Mouscron, Liège et Mons. Je pense qu'il faut d'abord agir au niveau des grandes villes, c'est ainsi qu'on fera des économies dans le futur".

Le gouvernement wallon compte-t-il pousser les communes à fusionner en n'accordant des subsides pour des infrastructures sportives qu'à celles qui fusionneront ? "Je crains effectivement que ce ne soit le cas, qu'à un certain moment on nous oblige à fusionner en nous étranglant financièrement".

Le bourgmestre enclusien l'assène, la commune du Mont-de-l'Enclus se battra corps et âme pour garder son indépendance. "Le critère ce sont les 15.000 habitants. Si on s'associe par exemple avec Celles, on n'atteint pas ce seuil. On l'atteindra si on s'associe avec Frasnes. Mais allez demander à un citoyen enclusien de se rendre à Frasnes pour avoir un certificat de bonne vie et moeurs, je pense qu'il ne sera pas content".

Un des arguments en faveur de la fusion est le nombre de politiques. Un collège de 5 personnes pour moins de 4.000 habitants, n'est-ce pas trop ? "Tout est relatif. Vous avez un gouvernement wallon qui essaye de faire des économies en tapant dans le bas de l'échelle politique. Mais je crois qu'on devrait aussi taper dans le haut de l'échelle. Quand on voit en Belgique le nombre de gouvernements et de ministres qui sont en place et qu'on ne parle pas de réforme à ce niveau-là, c'est tout à fait injuste. Parce que là je crois qu'on peut aller chercher de l'argent et faire des économies".


L.C.