L'édito de la rédaction : écoles, jeunes mobilisés ou manipulés ?

L'édito de la rédaction : écoles, jeunes mobilisés ou manipulés ?

Cette semaine a été marquée par des manifestations et des blocages d'étudiants un peu partout en Belgique. Des manifestations parfois émaillées d'incidents : c'est l'objet de l'édito de la rédaction.

Depuis quelques jours, élèves et étudiants descendent dans la rue pour manifester leur colère et leur inquiétude. Par ces actions, ils entendent dénoncer la forte augmentation des frais d'inscription dans l'enseignement supérieur, s'opposer au décret Paysage, qui modifie les critères de réussite et de finançabilité des études, et réclamer un refinancement pour garantir un enseignement de qualité. Parallèlement, ils s'insurgent contre l'augmentation des coûts de transport, avec, évidemment, les nouveaux tarifs des TEC en ligne de mire.

En toile de fond, derrière toutes ces revendications, la politique d'austérité mise en place par les gouvernements wallon et fédéral, ce qui confère inévitablement une dimension politique au débat suscité par ces actions.

Au-delà du problème de fond, que nous avons déjà abordé sur notre antenne au travers de nombreux reportages, le mouvement étudiant fait donc l'objet de nombreux commentaires.

De la part des politiques, d'abord. Ceux qui portent ces mesures d'austérité et les réformes qui touchent à l'enseignement y voient une manipulation orchestrée par une opposition de gauche, accusée de soutenir, voire d'organiser le mouvement, de le radicaliser, voire de l'entraîner sur la voie de la violence. De son côté, la gauche réfute ces accusations et voit dans le mouvement étudiant la confirmation que sa critique de la politique d'austérité est partagée par une bonne partie de la population.

À ces commentaires politiques s'ajoutent ceux de citoyens lambda, qui dénoncent une jeunesse irresponsable, profitant de l'occasion pour sécher les cours et qui ferait mieux de retourner en classe. À l'inverse, d'autres encouragent les étudiants et jugent leurs aspirations légitimes.

Chacun a bien sûr le droit d'avoir sa propre opinion. Gardons simplement à l'esprit quelques éléments. Oui, les actes de violence et de vandalisme sont injustifiables. Mais utiliser les agissements d'une minorité de casseurs pour réduire au silence une majorité d'étudiants et discréditer leur combat l'est tout autant. Oui, certains jeunes sont engagés politiquement ou peuvent être influencés.

Mais en conclure que tous les jeunes sont incapables de penser, de raisonner ou d'agir en toute conscience et en toute indépendance est, à tout le moins, réducteur, voire insultant.

Et enfin, plus encore que de voir une jeunesse se révolter et descendre dans la rue, le danger ne serait-il pas de confier notre avenir à des jeunes imparfait certes, mais surtout résignés, sans rêves, sans espoir, sans perspectives et sans aspirations ?


Xavier Simon