Achat de dix maisons à Rumillies : le président du Logis tournaisien écarte tout conflit d’intérêts
Le président du Logis tournaisien, Simon Petit (Les Engagés), réagit aux interrogations soulevées autour de l’achat de dix maisons à Rumillies et de la présence d’Alexandre Vachaudez au conseil d’administration ayant approuvé l’opération.
" Je referais les mêmes choix. " Simon Petit (Les Engagés), président du Logis tournaisien, assume la décision prise fin 2025 d'acquérir dix maisons à Rumillies. Une opération remise sous les projecteurs après un article du Vif qui s'interroge notamment sur la présence d'Alexandre Vachaudez lors de la décision. Le chef de cabinet de la bourgmestre Marie-Christine Marghem (MR), qui avait auparavant travaillé comme consultant pour le promoteur Deback, siège également au conseil d'administration du Logis comme représentant de la Région wallonne.
Pour Simon Petit, le dossier doit d'abord être regardé sous l'angle de l'intérêt du Logis tournaisien. " Un tel projet représentait une opportunité, tout simplement. C'est une opportunité d'acquérir dix logements neufs avec un financement qui tenait la route ", explique-t-il.
Les dix maisons situées rue Chasse à Prévost font partie d'un ensemble construit par Dott-Construct, une filiale du promoteur Deback. Le Logis pouvait bénéficier d'un financement européen important pour réaliser l'acquisition. Simon Petit évoque une intervention à hauteur d'environ 60 %.
Le calendrier serré de l'opération avait suscité des interrogations au sein du conseil d'administration. Simon Petit reconnaît que la décision a dû être prise rapidement en raison d'une échéance fixée à la fin du mois de décembre.
" Le projet a été expliqué au conseil d'administration par le directeur et par moi-même. Il y a eu des éléments qui ont été discutés plus que d'autres, notamment concernant la rapidité du processus ", précise le président.
La nature même de l'acquisition a également été débattue. Acheter des maisons neuves directement auprès d'un promoteur ne correspond pas totalement aux opérations habituellement menées par la société de logement public. Cela n'empêche pas Simon Petit de défendre le choix posé.
" C'est peut-être moins habituel, mais c'était une opportunité ", estime-t-il. Selon lui, la stratégie immobilière du Logis doit pouvoir se diversifier dans un contexte financier plus difficile. L'objectif reste d'augmenter l'offre de logements publics : les dix maisons doivent permettre d'accueillir dix familles d'ici la fin de l'année.
Le Logis tournaisien avait d'ailleurs déjà communiqué cet été sur l'acquisition de ces dix logements à Rumillies. La société gère plus de 2.300 maisons et appartements et comptait plus de 2.000 candidatures en attente à la fin de 2024.
Simon Petit : " Il n'y a aucun conflit d'intérêts "
Reste la question de la présence d'Alexandre Vachaudez lors de la réunion du conseil d'administration ayant approuvé l'achat. Celui-ci avait précédemment travaillé comme consultant pour le promoteur Deback. Au sein du Logis tournaisien, il siège comme représentant de la Région wallonne.
Simon Petit estime que son rôle dans ce dossier était clairement délimité.
" Il représente la Région, tout simplement. Il a été désigné par la Région et donc son rôle s'arrête là. Il est présent au sein du conseil d'administration, il peut poser ses questions, il peut discuter certains points, mais cela s'arrête là ", explique le président.
Selon lui, Alexandre Vachaudez n'a pas participé à la conduite du dossier. " Le dossier n'a jamais été mené avec sa participation. Ça a été mené par la direction du Logis tournaisien, en collaboration avec l'entreprise Deback et dans le cadre qui avait été accepté et validé par la tutelle. "
Simon Petit se montre dès lors catégorique : " Il n'y a aucun conflit d'intérêts. "
Il rappelle que les administrateurs sont soumis à des règles concernant les conflits d'intérêts et évoque également leur devoir de réserve.
Alexandre Vachaudez avait lui-même contesté auprès du Vif avoir exercé une quelconque influence sur le traitement du dossier. Le directeur du Logis tournaisien, Devrim Gumus, avait également expliqué avoir mené les négociations et présenté lui-même le dossier au conseil d'administration.
" Les aspects politiques, c'est en dehors du Logis "
Cette nouvelle polémique intervient après les interrogations déjà soulevées autour du projet immobilier Texo-Deback à Kain et des anciennes activités professionnelles d'Alexandre Vachaudez.
Interrogé sur l'existence éventuelle de manoeuvres politiques derrière ces différents dossiers, Simon Petit ne souhaite pas s'avancer sur ce terrain.
" Moi, j'ai des mandats, j'ai une mission, notamment au Logis tournaisien. C'est de faire en sorte que le logement évolue dans la bonne direction, avec une activité pérenne et toujours pour le bien du citoyen et surtout pour soulager les gens qui sont dans le besoin. Pour le reste, les aspects politiques, c'est en dehors du Logis. "
J.C.