Richesse naturelles : découvrez la réserve du Bois d'Allain avec Patrick De Craeye
Toute cette semaine, on vous emmène à la découverte de réserves naturelles de Wallonie picarde. Etape au bois du hameau d'Allain, à Tournai, un espace naturel préservé qui a récemment obtenu le statut de réserve naturelle, le plus haut niveau de protection en Belgique.
À quelques dizaines de mètres du centre commercial Les Bastions, le contraste est saisissant. Derrière les enseignes et les parkings s'étend un véritable refuge pour la biodiversité. Le bois du hameau d'Allain fait partie des sites récemment reconnus comme réserves naturelles en Wallonie, une reconnaissance qui assure désormais la protection à long terme de cet espace naturel.
Pourtant, son existence ne tenait qu'à un fil.
Sauvé de l'urbanisation
Il y a plusieurs années, le bois était menacé par un projet d'extension du centre commercial.
Face à cette perspective, des riverains se sont mobilisés. Une ASBL a été créée pour sauver le site. Pendant des années, des bénévoles ont nettoyé les lieux, évacué les déchets abandonnés, réalisé des travaux de gestion et favorisé le retour de la biodiversité. Un engagement qui a permis au bois d'être préservé puis reconnu officiellement comme réserve naturelle.
Un équilibre fragile à préserver
Aujourd'hui, la gestion du site consiste notamment à lutter contre les espèces invasives, comme la renouée du Japon ou l'arbre à papillons, qui menacent les espèces locales.
Pour limiter leur progression, les gestionnaires privilégient des solutions naturelles, notamment la plantation de noisetiers afin de créer davantage d'ombre tout en offrant nourriture et abri à la faune sauvage.
Le bois conserve également volontairement son aspect sauvage. Les arbres morts ne sont pas systématiquement retirés : ils constituent un habitat essentiel pour de nombreux insectes, tandis que le lierre fournit une précieuse source de nourriture aux oiseaux en hiver.
Un patrimoine naturel et industriel
Le bois d'Allain recèle aussi des traces de son passé. Une ancienne voie industrielle traversait autrefois le site pour acheminer les pierres calcaires extraites de la carrière de l'Orient jusqu'à l'Escaut. Si les rails ont disparu, leur ancien tracé reste encore visible dans le paysage.
Seule une petite partie de la réserve est accessible au public, mais des visites guidées sont régulièrement organisées. Une manière de faire découvrir ce patrimoine naturel sans perturber la faune qui y trouve refuge.
J.C.