Richesse naturelles : Christian Malice vous fait découvrir la réserve du Pic au Vent à Tournai

Richesse naturelles : Christian Malice vous fait découvrir la réserve du Pic au Vent à Tournai

Cette semaine, on vous emmène à la découverte des réserves naturelles de Wallonie picarde. Premier arrêt au Pic au Vent, à Tournai, un ancien site d'extraction d'argile devenu un refuge précieux pour la biodiversité et récemment reconnu comme réserve naturelle.

À quelques pas de la chaussée de Douai, à Tournai, se cache un écrin de nature méconnu du grand public. Le Pic au Vent fait partie des nouveaux sites récemment reconnus comme réserves naturelles par la Wallonie. Un statut qui lui offre désormais le plus haut niveau de protection prévu en Belgique et garantit la préservation durable de sa faune et de sa flore.

Pourtant, l'histoire du lieu est loin d'avoir toujours été celle d'un havre de biodiversité.

D'une carrière à une réserve naturelle

Le site est né dans les années 1950, à la suite de l'arrêt de l'exploitation de l'argile. Les excavations se sont progressivement remplies d'eau, donnant naissance à un étang qui est longtemps resté un lieu de pêche apprécié des habitants.

Mais au fil des années, le site est aussi devenu une décharge sauvage. Bien avant l'apparition des parcs à conteneurs, de nombreux déchets y ont été abandonnés.

" La nature a repris ses droits ", explique Christian Malice, conservateur de la réserve. " Puis, avec la prise de conscience environnementale, on a considéré que ce milieu méritait d'être sauvegardé et géré. "

Aujourd'hui, l'accès est volontairement limité afin de préserver la tranquillité des lieux. Seules quelques visites guidées sont organisées chaque année.

Un refuge pour la biodiversité

Depuis peu, quatre chèvres participent à l'entretien naturel du site en limitant la prolifération des arbustes et de la végétation envahissante.

La réserve accueille également une faune particulièrement riche. Une femelle chevreuil et son faon y ont récemment été observés, mais c'est surtout son vaste plan d'eau qui fait la richesse du Pic au Vent.

Roselières, iris jaunes, menthe aquatique et massettes offrent un habitat idéal à de nombreux oiseaux aquatiques, qui viennent y trouver refuge et nourriture. Les grenouilles vertes y trouvent elles aussi un environnement favorable.

Une réserve fragilisée par les sécheresses

Si le site est désormais protégé, il reste vulnérable aux effets du changement climatique. La réserve ne reçoit aucun apport d'eau extérieur et dépend exclusivement des précipitations.

Après un printemps relativement humide, les niveaux d'eau commencent déjà à diminuer. Les petits bassins pourraient s'assécher au cours de l'été, voire le plan d'eau principal si la sécheresse se prolonge. Une situation devenue de plus en plus fréquente ces dernières années.

" Il y a une dizaine d'années, on peut dire que ce n'était jamais à sec ", rappelle le conservateur.

Grâce à son nouveau statut de réserve naturelle, le Pic au Vent bénéficie désormais d'une protection renforcée. Un atout essentiel pour préserver ce patrimoine naturel et permettre à cet ancien site industriel de continuer à accueillir une biodiversité remarquable.


J.C.


ST