Maison de repos «Le Moulin à Cailloux»: Paul-Olivier Delannois (PS) met en doute les moyens financiers annoncés par le CPAS
Les moyens financiers sont-ils réellement réunis pour construire la nouvelle maison de repos du Moulin à Cailloux ? Paul-Olivier Delannois (PS) en doute. Lors du conseil communal de Tournai, le conseiller socialiste a interpellé la présidente du CPAS, Héloïse Renard (MR), sur les informations communiquées en commission. Cette dernière assure que le travail budgétaire est toujours en cours.
La reconstruction de la maison de repos du Moulin à Cailloux, à Kain, est revenue sur la table du conseil communal de Tournai ce mardi 3 novembre. À l'occasion de l'examen de la modification budgétaire du CPAS, Paul-Olivier Delannois (PS) a interrogé la présidente du CPAS, Héloïse Renard (MR), sur l'état d'avancement de ce dossier attendu depuis plusieurs années.
L'ancien bourgmestre souhaitait notamment obtenir des précisions sur les moyens financiers disponibles pour lancer la construction du nouveau bâtiment. "Lors d'une récente commission, j'ai appris avec intérêt que l'ensemble des voies et moyens étaient disponibles pour le lancement de la maison de retraite de Kain. Confirmez-vous donc qu'ils sont bien existants et que plus rien ne s'oppose à la construction de la nouvelle maison de retraite ?", a-t-il demandé, sollicitant également un calendrier précis des prochaines étapes.
La démolition est engagée, mais qu'en est-il de la construction ?
En réponse, Héloïse Renard a confirmé l'avancement d'une première phase du projet, sans toutefois apporter de calendrier pour la construction. "Le lot 1 a bien été notifié. Maintenant, nous travaillons à l'élaboration du budget pour établir les voies et moyens pour la suite", a expliqué la présidente du CPAS. Ce premier lot concerne le désamiantage et la démolition des quinze petites maisons blanches situées à proximité de l'actuelle maison de repos. Un préalable à la construction du nouveau bâtiment.
Mais pour Paul-Olivier Delannois, cette réponse ne correspond pas aux informations qu'il affirme avoir reçues lors de la commission du 21 octobre. "Vous m'aviez dit que vous les aviez. Je vous demande simplement, parce que maintenant nous sommes en séance publique, de me confirmer les propos que vous avez tenus lors de cette commission", a insisté le conseiller socialiste.
Héloïse Renard a rejeté ces accusations, rappelant notamment les retards et les dépenses déjà occasionnés par ce dossier.
L'échange s'est alors tendu, Paul-Olivier Delannois accusant la présidente du CPAS de lui avoir communiqué des informations contradictoires. "Si je vous pose la question, c'est parce que je suis persuadé que vous ne les avez pas et que vous nous avez menti", a-t-il lancé. Héloïse Renard a rejeté ces accusations, rappelant notamment les retards et les dépenses déjà occasionnés par ce dossier.
Une enveloppe de 25 millions d'euros évoquée
Pour tenter de clarifier les échanges, Johakim Chajia (Écolo) est intervenu en relisant les éléments issus de la commission. "Les dépenses et les voies et moyens sont prévus depuis 2024. C'est cette somme qui sert à payer la démolition actuellement en cours. Le montant de 2024 sera revu en fonction de l'indexation liée aux dépenses nécessaires pour faire face aux charges. Au total, la prévision budgétaire est d'environ 25 millions d'euros, dont une partie subsidiée", a-t-il rapporté.
Selon sa lecture des échanges en commission, les moyens financiers évoqués concernent donc la démolition et non nécessairement l'ensemble de la reconstruction. Une interprétation que Paul-Olivier Delannois a contestée, estimant ne pas avoir obtenu de réponse claire à sa question initiale. "Je reviendrai au budget, nous reviendrons au budget. Mais je peux déjà vous donner la réponse aujourd'hui", a conclu le conseiller socialiste, laissant entendre qu'il doute de la disponibilité des moyens nécessaires.
Un projet attendu depuis plusieurs années
Le projet de reconstruction du Moulin à Cailloux ne date pas d'hier. En 2019, le CPAS avait fait le choix de construire un nouveau bâtiment plutôt que de rénover les infrastructures existantes, qui datent de 1976. La maison de repos accueille 153 résidents.
Après plusieurs retards, notamment liés à des recours, le permis avait finalement été obtenu en 2023. À l'époque, le coût des travaux était estimé à 25 millions d'euros, dont 6,7 millions de subsides, avec un début de chantier initialement envisagé en mai 2025.
En septembre dernier, à l'occasion des 50 ans de l'établissement, Héloïse Renard avait réaffirmé la volonté du CPAS de poser la première pierre du nouveau bâtiment avant la fin de la mandature.
Le budget 2027 pour y voir plus clair
Si la première phase du projet, consacrée à la démolition et au désamiantage, est désormais engagée sur le plan administratif, le financement de la construction du nouveau bâtiment reste à préciser.
Paul-Olivier Delannois se dit convaincu que les moyens financiers nécessaires ne sont pas encore réunis. Héloïse Renard assure, de son côté, que le travail budgétaire est en cours et que les éléments seront présentés lors du prochain budget du CPAS.
Le rendez-vous est donc pris pour le budget 2027. Il devrait permettre de déterminer les moyens effectivement prévus pour la construction de la nouvelle maison de repos et, éventuellement, de préciser le calendrier de réalisation d'un projet attendu depuis plusieurs années.
R.R.