Passé par Tournai en septembre, Karl Bushby retrouve enfin sa famille après 28 ans de marche autour du monde

Passé par Tournai en septembre, Karl Bushby retrouve enfin sa famille après 28 ans de marche autour du monde

Tournai
Passé par Tournai en septembre, Karl Bushby retrouve enfin sa famille après 28 ans de marche autour du monde

Il avait fait escale à Tournai en septembre dernier, à quelques centaines de kilomètres de son objectif.

C'est une scène particulièrement émouvante qui s'est déroulée ce lundi dans une rue de Hull, au nord-est de l'Angleterre. Après presque trois décennies passées à parcourir la planète, Karl Bushby a enfin franchi le seuil de la maison familiale.

Devant le domicile de sa mère, Angela, l'aventurier britannique a retrouvé ses proches sous les applaudissements. Son fils Adam, aujourd'hui âgé de 36 ans, était présent, tout comme sa petite-fille de 12 ans, qu'il rencontrait pour la première fois.

Plus tôt dans la journée, près d'un millier de personnes s'étaient rassemblées dans le centre-ville pour saluer son arrivée. Un accueil à la hauteur de l'incroyable défi qu'il venait de relever.

En septembre, il faisait encore escale à Tournai

En septembre dernier, Karl Bushby s'était arrêté dans la cité des Cinq Clochers, alors qu'il approchait du terme de son expédition.

Cette étape en Wallonie picarde n'était pas prévue dans son parcours initial. Des formalités administratives l'avaient amené à faire une halte dans la ville. L'occasion pour notélé de rencontrer cet homme qui avait déjà passé près de la moitié de son existence sur les routes.

Malgré les milliers de kilomètres accumulés, il avait pris le temps de découvrir Tournai et son patrimoine. "L'architecture est fantastique", nous avait-il confié.

À ce moment-là, il lui restait encore environ 600 kilomètres pour rejoindre sa ville natale. Mais surtout un dernier obstacle : la Manche.

L'ancien militaire envisageait initialement d'emprunter le tunnel sous la Manche à pied. Cette possibilité lui ayant été refusée, il avait finalement opté pour une traversée à la nage, réalisée début octobre depuis la France.

Quelques semaines plus tard, le voilà donc arrivé au bout de son aventure.

Une expédition commencée en 1998 au Chili

Tout avait débuté le 1er novembre 1998, à Punta Arenas, dans le sud du Chili. Karl Bushby avait alors 29 ans et une ambition : rejoindre l'Angleterre en parcourant le monde sans utiliser de moyen de transport pour avancer.

Son défi, baptisé "Expédition Goliath", reposait sur deux principes : progresser uniquement par ses propres moyens et ne pas rentrer chez lui avant d'avoir terminé son parcours.

Depuis l'Amérique du Sud, il a remonté le continent américain, affronté les jungles d'Amérique centrale et traversé le détroit de Béring gelé pour rejoindre la Russie depuis l'Alaska. Son itinéraire l'a ensuite conduit à travers l'Asie centrale et l'Europe.

En 2024, il avait notamment réalisé une autre prouesse en traversant près de 300 kilomètres de la mer Caspienne à la nage.

Mais le plus grand défi n'a pas toujours été physique. Les complications administratives, les refus de visa, la crise financière de 2008 et la pandémie de Covid-19 ont entraîné de longues interruptions. À chaque fois, l'aventurier reprenait son parcours là où il l'avait laissé.

"Le monde entier a été mon réseau de soutien"

À son arrivée, Karl Bushby a surtout tenu à remercier toutes les personnes qui lui avaient tendu la main pendant son voyage.

Au fil des années, il a pu compter sur l'hospitalité d'inconnus, parfois extrêmement modestes, qui lui offraient un repas, de l'eau ou un endroit où dormir.

Des rencontres qui ont joué un rôle essentiel dans la réussite de cette expédition. L'aventurier a expliqué à l'AFP que le monde entier avait constitué son réseau de soutien.

Son retour est également suivi par le cinéaste allemand Werner Herzog, qui prépare un documentaire consacré à cette aventure, intitulé "Walk of Life". Karl Bushby prévoit aussi de raconter son histoire dans un livre.

Après 28 ans sur les routes, apprendre à vivre autrement

Lors de son passage à Tournai, Karl Bushby nous avait confié son appréhension à l'idée de voir son aventure se terminer. "C'est effrayant. C'est un peu intimidant. Ma raison de vivre, mon but dans la vie, est sur le point de s'arrêter brutalement", expliquait-il alors.

Ce lundi, l'émotion était toujours bien présente. L'aventurier a raconté à l'AFP avoir vécu ses derniers jours de marche comme une succession d'adieux : dernière nuit sous tente, dernière journée entière sur la route, avant le retour dans la rue de son enfance.

Et maintenant ? S'il n'exclut pas de nouvelles aventures, Karl Bushby semble décidé à laisser derrière lui les expéditions de cette ampleur.

Après 28 ans de marche, il estime qu'il est temps de raccrocher ses chaussures.

Une conclusion qui donne une saveur particulière à son passage dans les rues de Tournai, quelques semaines seulement avant ces retrouvailles tant attendues.


J.C.