Tournai : le repowering des éoliennes de Saint-Maur va se concrétiser
Le permis octroyé par la Région wallonne est désormais libre de tout recours. Les sept éoliennes historiques du site seront remplacées par cinq machines plus puissantes.
Le projet de repowering du parc éolien de Saint-Maur peut avancer. Après l'obtention du feu vert de la Région wallonne, le délai pour introduire un éventuel recours est arrivé à son terme. Toutes les conditions sont désormais réunies pour préparer le chantier porté par Ventis, le développeur du projet. Selon l'entreprise, l'ensemble des instances consultées, y compris les communes belges concernées, ont rendu un avis favorable.
Le principe du repowering est de remplacer des éoliennes vieillissantes par des machines de nouvelle génération. À Saint-Maur, les sept installations du parc initial, mises en service en 2011, ont une puissance unitaire de 2,3 mégawatts. Elles laisseront place à cinq éoliennes de 7,2 mégawatts chacune. Le nombre de machines diminuera donc, mais la production d'électricité pourrait être jusqu'à trois fois supérieure à celle du parc actuel. Les cinq nouvelles éoliennes permettraient de couvrir l'équivalent de la consommation annuelle d'environ 27.000 ménages.
Si la durée de vie d'une éolienne est estimée à une vingtaine d'années, le secteur évolue rapidement. Les progrès technologiques permettent de développer des machines toujours plus performantes. Les modèles actuellement installés à Saint-Maur ne sont d'ailleurs plus produits aujourd'hui, ce qui explique notamment la volonté de les remplacer.
Le projet concerne uniquement les sept éoliennes du parc initial. Les trois machines installées lors de l'extension plus récente resteront en place. En tenant compte de cette extension, le parc passera donc au total de dix à huit éoliennes.
Moins d'éoliennes, mais des machines plus imposantes
Le renouvellement modifiera également le paysage. Les nouvelles éoliennes seront plus grandes que les installations actuelles. Le développeur affirme avoir intégré les remarques formulées par les riverains lors de l'enquête publique et des échanges avec la population et les autorités locales. Il assure également vouloir maintenir le dialogue avec les habitants, y compris après la mise en service du parc.
Un démantèlement complet des anciennes installations
Avant de voir apparaître les nouvelles machines, il faudra d'abord démanteler les anciennes installations. Les fondations seront elles aussi retirées, car elles ne sont pas nécessairement adaptées aux nouvelles structures. Le béton des fondations et des premières sections des mâts sera concassé sur place, puis réutilisé pour les futurs aménagements du site. Les autres composants seront revendus pour connaître une seconde vie.
Les chemins et les zones techniques qui ne seront plus nécessaires dans la nouvelle configuration seront remis en état et rendus à l'agriculture locale. Les nouvelles éoliennes seront installées à des emplacements globalement similaires, même si quelques ajustements sont prévus.
Le chantier sera financé par Ventis, avec la participation d'un partenaire financier. Le budget total s'élève à plusieurs millions d'euros.

Carte de localisation des éoliennes existantes et projetées. Crédit : Ventis
Une mise en service prévue en 2031
La fin du délai de recours ne signifie pas que les travaux vont débuter immédiatement. Ventis entame dès à présent la préparation technique et logistique du chantier. Le début des travaux sur le terrain est envisagé en 2029 ou en 2030. Le démantèlement des installations existantes précédera les travaux au sol et la reconstruction du parc.
La mise en service complète des cinq nouvelles éoliennes reste prévue au plus tard autour de 2031. Le calendrier doit encore être précisé, mais le projet franchit une étape importante : son permis étant désormais libre de tout recours, sa concrétisation peut se préparer.
E.H.