«L'évêché ne fait rien pour résoudre le problème» : Jean-Pierre Bourdeaud'huy dénonce la gestion de la fabrique d'église d'Anseroeul

«L'évêché ne fait rien pour résoudre le problème» : Jean-Pierre Bourdeaud'huy dénonce la gestion de la fabrique d'église d'Anseroeul

Anseroeul
«L'évêché ne fait rien pour résoudre le problème» : Jean-Pierre Bourdeaud'huy dénonce la gestion de la fabrique d'église d'Anseroeul

Réuni ce mercredi, le conseil communal de Mont-de-l'Enclus devait se prononcer sur le compte 2023 et le budget 2024 de la fabrique d'église Saint-Paul d'Anseroeul. Les documents sont arrivés avec des mois de retard et contiennent des écritures que la commune juge incohérentes.

Valider en 2026 un compte de 2023 et un budget de 2024 : c'est la situation inhabituelle à laquelle les élus de Mont-de-l'Enclus ont été confrontés. "En 26 ans de présence à un conseil, c'est la première fois que je vois ça", a souligné le bourgmestre Jean-Pierre Bourdeaud'huy.

Depuis 2023, la fabrique d'église d'Anseroeul ne transmettait plus ses comptes ni ses budgets à la commune, malgré plusieurs rappels. Faute de documents, la commune ne la finance plus depuis cette date. Les premières pièces ont fini par arriver fin juillet. La commune disposait alors de 40 jours pour statuer. En pleine période de vacances, elle n'avait ni le personnel pour analyser le dossier ni le quorum pour réunir le conseil. Le délai a expiré, le compte et le budget sont devenus exécutoires sans que les élus aient pu se prononcer. Le conseil ne pouvait donc plus qu'en prendre acte.

Des mouvements d'argent "pas clairs"

Le compte 2023 affiche 30 582,68 € de recettes, 23 485,43 € de dépenses et un boni de 7 097,25 €. Le budget 2024 s'équilibre à 29 430,78 €, avec une intervention communale ordinaire de 9 788,37 €.

Pour l'échevine Christel Verschuere, ces chiffres posent question. Elle reconnaît les efforts de régularisation en cours et ne met pas en doute la qualité du travail fourni. Mais l'analyse des justificatifs révèle des anomalies et des incohérences dans les écritures, ainsi que certains mouvements d'argent peu clairs. La commune n'est donc pas en mesure d'effectuer les contrôles habituels. L'échevine craint un impact non négligeable sur les finances communales. Elle estime que la commune ne doit pas supporter seule les conséquences de retards qui ne lui sont pas imputables, et elle demande l'appui du gouverneur.

L'évêché dans le viseur

Le bourgmestre s'est montré nettement plus sévère. "Je regrette que la fabrique d'église d'Anseroeul soit dans l'incapacité de gérer", a lancé Jean-Pierre Bourdeaud'huy, avant de viser directement l'autorité diocésaine : "L'évêché de Tournai ne fait rien pour améliorer la situation. Aucun effort n'a été fait pour l'éviter."

"Je vais aller plus loin", a-t-il poursuivi. "On doit statuer sur des recettes ou des dépenses pour lesquelles on n'a pas tous les justificatifs, ou alors ça ne correspond pas aux montants renseignés." Il a ensuite soulevé une question embarrassante : "Depuis 2023, on ne finance plus la fabrique, vu qu'il n'y a plus de budget rentré. On peut donc se demander d'où vient l'argent."

Le bourgmestre s'inquiète aussi pour l'avenir : "J'espère qu'à long terme, la commune ne sera pas condamnée à payer des intérêts sur d'éventuels emprunts." Et de conclure : ¨"Je ne comprends pas la position de l'évêché, qui a connaissance de la situation."*

Une abstention symbolique

Sur les deux points, majorité et opposition se sont abstenues. Le geste n'a pas de portée juridique, puisque les documents sont déjà exécutoires. Mais il permet au conseil unanime de signifier qu'il ne cautionne pas des comptes qu'il n'a pas pu contrôler.


Théo Defranne