Marie-Christine Marghem défend son chef de cabinet et veut « fédérer » sa majorité autour du dossier Texo-Deback

Marie-Christine Marghem défend son chef de cabinet et veut « fédérer » sa majorité autour du dossier Texo-Deback

Tournai

Invitée de Politiquement (In)correct, la bourgmestre de Tournai est revenue sur la polémique entourant son chef de cabinet Alexandre Vachaudez, mais aussi sur les tensions que le projet immobilier Texo-Deback suscite au sein de la majorité communale, notamment chez Ecolo. Marie-Christine Marghem rejette toute idée de conflit d'intérêts et assure vouloir « fédérer » ses partenaires autour du dossier.

Depuis plusieurs semaines, le nom d'Alexandre Vachaudez se retrouve au centre de plusieurs dossiers tournaisiens. Chef de cabinet de Marie-Christine Marghem depuis janvier 2025, il exerce également une activité professionnelle indépendante dans le domaine de la consultance.

C'est d'abord le projet immobilier Texo-Deback à Kain qui a suscité des interrogations. Le projet prévoit la construction de 120 logements, entre la rue Guillaume Charlier et le chemin 34, et fait l'objet d'une importante opposition de riverains. Plus de 500 réactions avaient été enregistrées lors de l'enquête publique.

Alexandre Vachaudez a confirmé avoir travaillé, avant son entrée en fonction au cabinet de la bourgmestre, comme consultant indépendant pour le promoteur Deback et sur ce projet. Il avait notamment participé à une réunion consacrée au dossier en octobre 2024. Depuis son arrivée au cabinet, il affirme avoir séparé ses activités professionnelles privées de ses responsabilités publiques et n'avoir influencé aucune décision.

"Il n'aborde plus aucun dossier tournaisien"

Dans Politiquement (In)correct, Marie-Christine Marghem a une nouvelle fois défendu son chef de cabinet. Elle rappelle qu'au moment de ses missions pour le promoteur, Alexandre Vachaudez n'exerçait encore aucune fonction au sein de l'administration communale.

Selon la bourgmestre, la règle est claire depuis son arrivée au cabinet en janvier 2025 : "Il n'aborde plus aucun dossier tournaisien". Elle assure qu'il n'existe "aucune superposition" entre ses activités d'indépendant et son rôle de chef de cabinet.

Marie-Christine Marghem se montre particulièrement ferme face aux accusations pouvant mettre en doute la régularité du projet Texo-Deback. Selon elle, les anciennes activités professionnelles de son chef de cabinet ne remettent pas en cause le dossier urbanistique. Elle estime que certaines critiques visent désormais davantage les personnes que le projet lui-même.

La question a entre-temps dépassé le cadre communal. La députée wallonne Dorothée De Rodder (PS) a interpellé le ministre des Pouvoirs locaux François Desquesnes (Les Engagés) sur un potentiel conflit d'intérêts. Le ministre n'a pas souhaité se prononcer sans disposer d'un dossier instruit par son administration.

Un deuxième dossier au Logis Tournaisien

Les interrogations ont ensuite rebondi à Rumillies. Le Logis Tournaisien a décidé fin 2025 d'acquérir dix maisons neuves rue Chasse à Prévost, construites par Dott-Construct, une filiale du groupe Deback. L'opération, d'un coût total annoncé de près de 3,61 millions d'euros frais compris, bénéficie d'un subside de 2,165 millions d'euros. Alexandre Vachaudez était présent au conseil d'administration du Logis ayant approuvé l'opération, où il siège comme représentant de la Région wallonne.

Le président du Logis Tournaisien, Simon Petit (Les Engagés), a lui aussi rejeté l'existence d'un conflit d'intérêts. Il affirme que le dossier a été mené par la direction du Logis et que Vachaudez n'a pas participé à sa conduite. Le directeur de la société de logement, Devrim Gumus, avait également indiqué avoir mené les négociations et présenté lui-même le dossier au conseil d'administration.

Texo-Deback : pas de vote immédiat

Au-delà de la polémique autour de son chef de cabinet, Marie-Christine Marghem est également revenue sur l'avenir du projet Texo-Deback lui-même.

Alors qu'une décision sur la création de voirie était attendue, la bourgmestre a annoncé que le dossier ne serait pas soumis au conseil communal à la date initialement envisagée. La Ville a demandé au promoteur des études complémentaires, notamment en matière de mobilité. Celles-ci doivent être examinées avant la poursuite de la procédure.

Marie-Christine Marghem continue toutefois à défendre le principe du projet. Elle estime qu'il répond aux critères du Code du développement territorial, notamment par sa localisation en centralité et sa proximité avec différents modes de déplacement.

Et Ecolo dans tout ça ?

Le projet Texo-Deback ne fait pas l'unanimité, y compris dans les rangs de la majorité communale MR-Les Engagés-Ecolo. La locale Ecolo avait notamment consacré des discussions internes au projet et adressé un courrier aux riverains.

Interrogée sur le risque de voir son partenaire écologiste se désolidariser de la majorité lors des prochaines étapes du dossier, Marie-Christine Marghem assure vouloir éviter une fracture.

"Moi, je fais tout pour fédérer dans mon collège", explique-t-elle. La bourgmestre indique que des discussions sont en cours afin d'intégrer les critiques jugées fondées et de permettre aux différents partenaires de la majorité de se positionner sur le projet.

Un dossier qui est donc encore loin d'être refermé. Entre les études complémentaires demandées au promoteur, les interrogations entourant Alexandre Vachaudez et les discussions politiques au sein de la majorité, le projet Texo-Deback devrait continuer à alimenter les débats dans les prochaines semaines.


T.C.