Rentrée scolaire : pour le bourgmestre de Lessines, Antoine Motte, « certaines choses ont été un peu grossies politiquement »
Invité de notre émission Politiquement (in)correct, Antoine Motte (MR), bourgmestre de Lessines et professeur à Leuze, revient sur une rentrée scolaire marquée par de nouvelles mesures et des tensions dans l’enseignement. S’il ne remet pas directement en cause le fond des réformes, il porte un regard critique sur leur mise en œuvre et regrette le manque de dialogue avec le terrain.
" Correct, incorrect ? " À la question de savoir comment il qualifie la grande rentrée des enseignants, Antoine Motte tranche : " Incorrect. "
Pourtant, sur le terrain, le professeur à Leuze dit avoir vécu cette rentrée " comme une autre ". Ce qui l'a davantage marqué, ce sont finalement les mouvements de grève qui ont ponctué la fin de l'année scolaire précédente.
" Moi, je mets les jeunes en avant et je trouve que faire des grèves à ce moment-là, c'était peut-être pas la bonne option ", estime-t-il. Une position qui illustre aussi son regard sur les tensions qui ont traversé le monde de l'enseignement ces derniers mois.
" Ce n'est pas le fond que je critique, c'est peut-être la forme "
Face aux mesures portées par la ministre de l'Éducation Valérie Glatigny, Antoine Motte ne se dit pas fondamentalement opposé au contenu des réformes. Son reproche porte davantage sur la manière dont elles ont été présentées et mises en oeuvre.
" Je pense qu'il y a eu énormément de décalage par rapport à la réalité ", explique-t-il.
Le professeur regrette notamment que le dialogue n'ait pas toujours pu s'instaurer avec les enseignants. Plusieurs visites ministérielles ont d'ailleurs été annulées dans un contexte de contestation.
Pour lui, c'est précisément là que le bât blesse : " C'est dommage de ne pas écouter ça. C'est dommage qu'on n'ait pas pu échanger à ce moment-là. "
Une méthode qu'il aurait lui-même abordée différemment : " Moi, je suis quelqu'un qui va aller discuter avec mes détracteurs et essayer de trouver des explications, des terrains d'entente. "
Des collègues qui partent, des cours qui changent
Autre conséquence des réformes : des changements dans les équipes et dans les cours dispensés. Fin juin, les départs de certains enseignants avaient suscité de nombreuses réactions.
Antoine Motte dit avoir vu passer les photos de collègues quittant l'établissement. " Les gens que je voyais sur les photos, je les revois encore ", raconte-t-il.
Lui-même, enseignant dans le secteur agricole, n'a pas été directement touché dans son quotidien professionnel. " Ça ne m'impacte pas puisque je suis en agricole et je reste vraiment dans ce cadre par rapport à mes études ", précise-t-il.
Mais il porte un regard plus nuancé sur la manière dont ces changements ont été racontés et commentés.
Selon lui, " certaines choses ont été un peu grossies politiquement ", une situation qu'il juge finalement " un peu décevante ".
Entre réformes, départs d'enseignants et tensions sociales, Antoine Motte appelle donc surtout à remettre le terrain et le dialogue au centre des débats. Parce qu'au-delà des décisions politiques, ce sont aussi les enseignants et les élèves qui doivent composer, chaque jour, avec leurs conséquences.
O.W.