Frasnes : après l’affaire Hellin, le PS réclame un changement à la présidence du conseil communal
Le groupe PS demande plusieurs mesures pour « retrouver un climat serein ». Le groupe affirme également qu’un de ses militants a été agressé et poursuivi après la dernière séance.
La polémique née lors du dernier conseil communal de Frasnes-lez-Anvaing continue de prendre de l'ampleur.
La séance du 8 septembre avait été marquée par les propos du conseiller MR Bernard Hellin, qui avait évoqué " du populisme et du nazisme " lors d'un échange avec le bourgmestre Jacques Dupire. Des mots qui avaient provoqué la sidération autour de la table. Depuis, le groupe majoritaire Ensemble Citoyens a condamné ces propos et demandé que des mesures soient prises à l'encontre de l'élu.
Le PS, lui, élargit désormais le débat au climat général entourant les séances du conseil communal.
Dans un courrier adressé au Collège, les trois conseillers socialistes Marian Clement, Marie-Pauline Scholart et Michel Devos demandent plusieurs changements dans l'organisation des débats et la gestion du public.
Le groupe rapporte tout d'abord un incident qui se serait produit à l'issue de la séance du 8 septembre.
Selon les élus socialistes, l'un de leurs militants aurait été " agressé et poursuivi " depuis les abords de la maison communale jusqu'à son domicile, rue Haute. Le PS indique que le trajet aurait été enregistré par des caméras de surveillance et qu'une plainte a été déposée.
Le groupe précise ne pas vouloir préjuger des suites judiciaires et demande que les images soient conservées afin de pouvoir être mises à disposition de la justice.
Le PS affirme également que des propos injurieux seraient régulièrement lancés depuis le public à l'encontre de conseillers MR et socialistes. Il dit avoir déjà alerté le président du conseil communal sur ce climat.
Le président du conseil communal dans le viseur
La proposition la plus forte concerne directement la présidence de l'assemblée.
Le groupe PS estime que le fonctionnement actuel des séances pose problème : points inscrits mais pas toujours soumis au vote, gestion du temps de parole, absence de réaction face à certains comportements dans l'auditoire ou encore interdiction faite à un citoyen de filmer lors de la dernière séance.
Les socialistes souhaitent dès lors un changement de président du conseil communal et annoncent qu'ils soutiendraient la candidature de Michel Delitte.
Ils indiquent être prêts à déposer formellement ce point lors d'une prochaine séance si la majorité ne donne pas suite à leur proposition.
Le droit de filmer également au coeur du débat
Le PS revient aussi sur l'interdiction faite à un citoyen de filmer la séance du 8 septembre.
Le groupe affirme avoir interrogé le ministre wallon des Pouvoirs locaux sur cette question. Selon la réponse qu'il cite, filmer une séance publique d'un conseil communal ne pourrait pas être interdit de manière générale, même si des règles peuvent encadrer cette pratique.
Pour sortir durablement de cette controverse, les socialistes demandent surtout d'accélérer le projet communal de retransmission et de rediffusion des conseils.
Ils indiquent que leurs militants cesseraient leurs propres captations dès qu'un système officiel serait effectivement opérationnel.
Exclure immédiatement en cas d'insulte ou de menace
Autre demande : renforcer la gestion du public.
Le PS souhaite qu'un avertissement général soit formulé en début de chaque conseil et que toute personne proférant une insulte ou une menace soit immédiatement expulsée de l'auditoire et fasse l'objet d'un procès-verbal.
Le groupe propose enfin la création d'une " charte du mandataire " qui engagerait les conseillers, les membres du Collège, les présidents de groupe et, indirectement, leurs militants au respect de règles communes.
Les socialistes précisent que cette demande ne vise pas uniquement la majorité. Ils dénoncent également des propos " inadmissibles " prononcés lors de la même séance par un conseiller de l'opposition à l'encontre de la majorité, sans le nommer dans ce passage.
Le PS dit préférer cette voie à une succession de demandes de démission et de polémiques. Il demande désormais au Collège de faire connaître les mesures qu'il entend prendre avant le prochain conseil communal.
J.C.