Patrimoine non classé à Ath : « Il peut disparaître fenêtre après fenêtre, détail après détail, objet après objet»
À l’approche des Journées du Patrimoine, le conseiller communal Valentin Vigneron (MR.@th) craint une disparition progressive d’éléments patrimoniaux. Il a interpellé le collège sur sa politique de sauvegarde en matière de patrimoine.
Le dimanche 13 septembre, les habitants athois sont invités à découvrir ou redécouvrir l'architecture Art déco à travers une balade guidée. Au départ du Palace, en passant par les rues du Pont Quellin et Isidore Hotton avant d'arriver à l'avenue Léon Jouret, les participants pourront ainsi admirer les réalisations de plusieurs architectes athois.
Mais pour Valentin Vigneron, cette mise en valeur ponctuelle soulève également une question : " Que vaut la reconnaissance d'un patrimoine si, lorsqu'un permis est introduit, nous ne sommes plus capables d'en préserver les traces ? ", a-t-il questionné lors du récent conseil communal.
Prenant l'exemple d'anciens cafés athois restaurés et dont des éléments historiques ont disparu, le conseiller souligne aussi l'importance de ces détails qui " racontent l'histoire d'Ath ". Pour lui, " Le patrimoine ne disparaît pas toujours d'un seul coup. Il peut disparaître fenêtre après fenêtre, détail après détail ".
Un équilibre entre sauvegarde et projets privés
En réponse, l'échevin du patrimoine Christophe Degand (MR.@th) a souligné que " le patrimoine bâti athois est riche de nombreux bâtiments privés qui sont autant de témoignages du savoir-faire passé et qui participent à un cadre de vie urbain de qualité ". Il rappelle que plusieurs ensembles de maisons sont répertoriés dans l'Atlas du patrimoine. " Lorsqu'une demande de permis d'urbanisme est introduite pour un de ces biens, la préoccupation est de veiller à ce que le projet de rénovation soit compatible avec la sauvegarde de ce patrimoine commun ", détaille Christophe Degand.
Certains bâtiments sont également repris dans l'inventaire cartographique wallon. Pour ces biens " pastillés ", des avis complémentaires de l'AWaP et de la Commission royale des monuments sont sollicités lors des demandes de permis.
Même lorsqu'un bâtiment n'est repris dans aucune liste, son caractère architectural local reste pris en compte lors de l'instruction du dossier. " Les avis de ces deux organismes, même s'ils ne sont pas obligatoires, sont sollicités pour guider les autorités et fixer parfois des conditions particulières. Il s'agit d'un équilibre entre l'intérêt public du patrimoine et la possibilité de développer un projet privé permettant de s'adapter aux besoins actuels ", indique Christophe Degand.
A.D.