Réforme de l’enseignement : personnel éducatif et syndicats en front commun toujours mobilisés à Tournai
Une bâche a été posée ce matin sur un pont tournaisien.
"Notre colère n'a pas pris de vacances, on est toujours là !" Voilà le message affiché ce matin sur une bâche installée sur la passerelle Notre-Dame à Tournai. À quelques jours de la rentrée scolaire, le personnel éducatif et les syndicats en front commun se sont à nouveau mobilisés pour dénoncer les différentes réformes qui touchent l'enseignement.
Un lieu symbolique
Le choix de la passerelle n'est pas anodin pour les manifestants. Elle symbolise le passage d'une année scolaire à l'autre, mais aussi la volonté de maintenir la pression sur le gouvernement alors que la rentrée approche.
"La colère des enseignants est restée en stand-by, mais elle est toujours présente. Et donc on relance", explique Stéphane Dillies, permanent CSC-Enseignement. Selon lui, les mesures annoncées ne permettent plus de garantir les conditions nécessaires à un enseignement de qualité.
Le syndicaliste estime notamment que les décisions prises répondent avant tout à des considérations budgétaires et regrette le manque de concertation avec le personnel de terrain. "On doit se battre pour un enseignement de qualité, pour le bien des élèves. Les élèves ont toujours été le centre de nos préoccupations en tant qu'enseignants. Mais les conditions ne sont plus réunies", dénonce-t-il.
Le corps enseignant espère désormais une reprise du dialogue avec les autorités. "On espère que la concertation va revenir, qu'ils vont de nouveau écouter pour pouvoir apporter certains aménagements", poursuit Stéphane Dillies.
Le personnel éducatif également présent
Du côté des enseignants, plusieurs mesures suscitent également des inquiétudes à l'approche de la rentrée. Nicolas Jordan, professeur de français aux Ursulines-La Madeleine, annonce que les vacances n'ont pas fait retomber la mobilisation.
"C'est important pour nous de montrer à nos ministres que, malgré les vacances, nous sommes toujours là et notre colère n'a pas fléchi du tout", affirme-t-il.
Dans l'enseignement primaire, la diminution de la gratuité scolaire jusqu'en cinquième année représente notamment une difficulté supplémentaire pour les directions. Dans le secondaire, c'est l'augmentation de la charge de travail qui inquiète le personnel, avec notamment deux heures supplémentaires annoncées pour certains enseignants.
Ces changements ont également des conséquences sur l'organisation des établissements, notamment sur les horaires. Les enseignants temporaires ou considérés comme non prioritaires sont eux aussi particulièrement préoccupés par les conséquences des réformes sur leur emploi.
À l'approche de la rentrée, syndicats et personnel éducatif entendent donc maintenir la pression. "On attend la procédure Renault pour l'enseignement peut-être ?" a conclu le professeur.
E.H.