Silly : rendre l'eau plus accessible lors des festivités ? La réflexion est lancée
Le conseiller communal Thibault Rasneur (Sens) a proposé de rendre l'eau plus accessible financièrement lors des différentes festivités organisées sur le territoire communal.
Partant d'un constat simple, Thibault Rasneur a rappelé que les boissons proposées lors des ducasses, brocantes, événements sportifs ou culturels affichent souvent des tarifs similaires. " Les sodas, la bière et l'eau sont la plupart du temps vendus au même prix ", a-t-il souligné.
Pour Thibault Rasneur, une politique tarifaire différente pourrait avoir des effets positifs à plusieurs niveaux. Deux arguments principaux ont été avancés : la santé publique et la sécurité routière. " L'eau est la seule boisson vitale. Les effets néfastes des boissons sucrées et de l'alcool ne sont plus à démontrer. Marquer une différence de prix serait une action simple avec un impact concret sur la santé publique ", a-t-il expliqué. Le conseiller a également mis en avant la réalité du territoire sillien, où la voiture reste le principal moyen de déplacement pour se rendre aux différentes festivités. " Être Bob est devenu naturel, mais un incitant financier pourrait apporter une motivation supplémentaire ", estime-t-il.
Deux pistes avancées
Pour concrétiser cette idée, Thibault Rasneur a formulé deux propositions : fixer le prix du verre d'eau à un euro symbolique ou imposer que l'eau soit vendue à un tarif inférieur à 50 % du prix de l'alcool le moins cher proposé.
L'élu ne plaide toutefois pas pour la gratuité systématique. Selon lui, cela risquerait d'engendrer des pertes financières pour les organisateurs et poserait des questions pratiques, notamment en matière de conservation de l'eau lorsqu'elle est laissée plusieurs heures à disposition du public. L'objectif serait plutôt d'appliquer rapidement cette mesure aux événements communaux, paracommunaux et scolaires, tout en encourageant les autres organisateurs à suivre le mouvement.
Une idée qui fait consensus, mais sans contrainte
La bourgmestre Violaine Herbaux (LB) a rappelé que le sujet n'était pas totalement nouveau et qu'il avait déjà été évoqué lors de la mise en place du plan SAFE. Si l'idée séduit, la question des sanctions en cas de non-respect pose rapidement problème. " Les associations rencontrent déjà des difficultés à attirer du monde et à dégager des bénéfices comme auparavant. Nous n'avons pas envie de les sanctionner ", a-t-elle expliqué.
La bourgmestre a toutefois indiqué que la commune encourage déjà certaines bonnes pratiques dans les courriers accompagnant les dossiers de sécurité, notamment lors d'événements impliquant des mineurs. Elle estime que cette sensibilisation pourrait être renforcée, en encourageant davantage la mise à disposition gratuite de l'eau ou un prix plafonné à un euro.
Thibault Rasneur a lui-même reconnu qu'une approche basée sur les sanctions ne serait pas adaptée. Il a plutôt plaidé pour une politique exemplaire de la part des structures directement liées à la commune, comme l'administration communale, l'Office du tourisme ou SillySports, ainsi que pour l'ajout d'une recommandation dans les dossiers de sécurité des événements. " L'idée est de créer un effet boule de neige ", a-t-il résumé.
La piste d'un label évoquée
La conseillère communale Ingrid Roucloux (Ecolo) a, de son côté, suggéré de s'inspirer de certaines initiatives existantes. Elle a notamment cité des labels qui récompensent les événements mettant en place des dispositifs favorisant la réduction des risques, comme la mise à disposition d'eau gratuite, de bouchons d'oreille ou encore de préservatifs.
L'échevin des Sports Eric Perreaux (LB) a lui aussi soutenu le principe, tout en appelant à tenir compte des réalités de terrain. " Une fête d'école a besoin de recettes pour financer ses activités. Il faut sensibiliser, mais adapter les mesures en fonction du type d'événement ", a-t-il estimé. L'échevin a également rappelé que certaines organisations mettent déjà des solutions en place, comme des fontaines à eau lors de manifestations sportives ou des actions de prévention destinées aux jeunes.
Une réflexion qui se poursuivra à la rentrée
La bourgmestre a finalement proposé de poursuivre le travail au sein de l'Observatoire de la sécurité, qui planche actuellement sur un nouveau plan SAFE. Le sujet sera mis à l'ordre du jour des prochaines réunions, prévues à partir du mois de septembre, afin d'aboutir à une proposition concertée avec les différents acteurs concernés.
S.L.