Reconnaissance de la toxicité du TFA par l'Agence européenne des produits chimiques : «Les habitants sont inquiets», souligne Bruno Lefèbvre

Reconnaissance de la toxicité du TFA par l'Agence européenne des produits chimiques : «Les habitants sont inquiets», souligne Bruno Lefèbvre

Ath
Reconnaissance de la toxicité du TFA par l'Agence européenne des produits chimiques : «Les habitants sont inquiets», souligne Bruno Lefèbvre

En juin 2026, l’Agence européenne des produits chimiques a officiellement classé le TFA (acide trifluoroacétique) comme toxique pour la reproduction. Cette reconnaissance relance le débat mais aussi l’inquiétude autour de la présence de taux de TFA dans l’eau de distribution à Ath.

Ce mercredi, au Parlement wallon, le député socialiste Bruno Lefèbvre a interpellé le ministre de la Santé et de l'Environnement, Yves Coppieters, sur les conséquences de cette décision pour les consommateurs wallons. " Cette décision repose sur une étude scientifique qui vient d'être réalisée et qui démontre que des animaux exposés à ce produit ont subi des malformations pendant la gestation. C'est évidemment quelque chose d'extrêmement important ", détaille Bruno Lefèbvre.

Le député avait déjà interpellé le ministre en septembre dernier à la suite du dépassement des valeurs cibles fixées par le gouvernement (2 200 nanogrammes par litre) dans l'eau de distribution à Ath. " Les habitants qui ont été soumis à des concentrations de 3 800 nanogrammes par litre sont inquiets et veulent des réponses ", a souligné le député. Il a demandé au ministre quelles conclusions il tirait de cette nouvelle reconnaissance scientifique et si une révision des seuils actuellement en vigueur était envisagée.

" La Wallonie est en avance ", selon le ministre

Face aux inquiétudes, Yves Coppieters a défendu la politique menée depuis le début de la législature. Selon lui, la Wallonie a adopté très tôt une approche prudente concernant le TFA. " Nous avons mis en place un principe de précaution dès notre arrivée en 2024. Vous savez très bien que, dès 2024, j'ai demandé à la SWDE de réaliser une cartographie de l'ensemble des zones de distribution afin d'évaluer l'état des nappes et des réseaux de distribution d'eau en termes de TFA ", rappelle-t-il, précisant également que ce travail se poursuit dans le cadre du Schéma régional de l'eau.

Le gouvernement wallon a fixé une valeur cible maximale de 2,2 microgrammes par litre dans l'eau de distribution. Pour le ministre, cette valeur est même " plus ambitieuse que celles appliquées dans l'ensemble des pays européens ". À titre de comparaison, le ministre de la Santé a indiqué que la Flandre applique une valeur provisoire sept fois plus élevée. Yves Coppieters a également précisé que seuls deux pays, l'Italie et le Danemark, disposent de valeurs contraignantes de respectivement 10 et 9 microgrammes par litre. " Puisqu'il n'y a pas de norme européenne, nous étions et nous sommes toujours en avance ", se réjouit le ministre.

Treize zones encore au-dessus du seuil

Malgré ces mesures, le problème n'est pas totalement résolu. Selon le ministre, 2 % des zones de distribution wallonnes dépassent encore aujourd'hui la valeur cible, soit treize secteurs concernés. Lorsqu'un dépassement est constaté, les distributeurs sont tenus de présenter un plan d'action afin de revenir rapidement sous le seuil fixé par le gouvernement. La Wallonie a d'ailleurs débloqué deux millions d'euros fin 2025 pour aider les opérateurs à améliorer le traitement de l'eau.

Yves Coppieters n'exclut toutefois pas une révision future des valeurs en vigueur. " Nous verrons dans les mois à venir s'il faut éventuellement l'ajuster. Ce n'est pas le cas pour l'instant ", a-t-il indiqué.

En conclusion du débat, Bruno Lefèbvre a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts. " Tant mieux que cela ne concerne que 2 % du territoire, mais ce sont encore 2 % de trop ", a-t-il lancé, estimant que la reconnaissance de la toxicité du TFA impose une vigilance accrue afin d'éviter toute crise sanitaire.


A.D.