« C'est un triste spectacle » : l'approbation d'un procès-verbal fait monter la température au conseil communal de Brunehaut

« C'est un triste spectacle » : l'approbation d'un procès-verbal fait monter la température au conseil communal de Brunehaut

Brunehaut
« C'est un triste spectacle » : l'approbation d'un procès-verbal fait monter la température au conseil communal de Brunehaut

Ce qui devait être une simple approbation de procès-verbal a viré à la passe d'armes jeudi soir au conseil communal de Brunehaut.

Les conseils se suivent et la tension ne descend pas à Brunehaut. Retrouver un climat tempéré au sein de l'hémicycle local relèverait presque du miracle. Jeudi, les discussions entre majorité et opposition se sont enflammées par rapport à la validation d'un procès-verbal d'une précédente séance.

Au moment de voter, Nadya Hilali (EPB) a pris la parole pour dénoncer l'absence de corrections qui avaient pourtant été demandées lors de précédentes séances. Elle attaque la majorité qui n'aurait pas lu le PV qui devait être voté. L'élue ne cache pas sa colère. "On nous prend vraiment pour des imbéciles", lance-t-elle d'emblée. Pour la conseillère communale, les erreurs sont trop nombreuses pour être considérées comme de simples oublis. "Vous avez fait un conseil communal exceptionnel pour modifier une délibération (...) et elle est toujours là", poursuit-elle.

Face aux critiques, la directrice générale Nathalie Bauduin reconnaît sa part de responsabilité. "Oui, j'ai commis une erreur ", admet-elle. Mais elle regrette la manière dont la question est soulevée. "Ce qui n'est pas correct, c'est que vous le dites en plein conseil communal au lieu de me l'envoyer par mail ", lance-t-elle à l'opposition.

La directrice générale évoque également la pression qui pèserait sur l'administration. "Si on avait moins de pression dans tous les domaines et de devoir contrôler et répondre à vos questions et préparer ce conseil sereinement, ça n'arriverait peut-être pas", affirme-t-elle.

Une explication qui fait immédiatement réagir Nadya Hilali. " Vous êtes en train de renverser les rôles ", répond l'élue, refusant que l'opposition soit tenue pour responsable d'erreurs qu'elle estime relever du collège et de l'administration.

La discussion s'envenime encore lorsqu'il est question de la responsabilité politique des documents présentés au conseil. "Si quelqu'un autour de cette table l'avait lu, ça se serait vu", insiste Nadya Hilali.

Une remarque qui provoque la réaction de l'échevine Muriel Delcroix (IC-MR). "C'est l'hôpital qui se moque de la charité", lâche-t-elle à Nadya Hilali.

François Schieste (EPB) réagit également. Selon lui, la responsabilité incombe à la majorité qui présente les dossiers au vote. L'élu d'opposition va plus loin encore en affirmant que ces erreurs surviennent "comme par hasard dans des dossiers qui vous arrangent".

Une phrase qui fait bondir Clara Hurbain. "Attention quand même, modérez vos propos", intervient la bourgmestre. Mais François Schieste refuse de revenir sur ses déclarations. "Je l'assume", répète-t-il à plusieurs reprises. "Je n'ai pas dit que ça arrangeait la directrice générale, mais que ça arrangeait le collège."

L'échange tourne alors au dialogue de sourds. Les interruptions se multiplient, les voix montent et chacun campe sur ses positions.

Fort silencieux dans ce débat, Charles Déseveaux (Les Engagés) qui tente de ramener le calme dans l'assemblée. "C'est un triste spectacle que vous êtes en train de nous faire ce soir", lance-t-il à tous les conseillers, ciblant ainsi tant la majorité que l'opposition. S'il reconnaît que l'erreur est réelle et doit être corrigée, il regrette l'ampleur prise par le débat. "Au bout d'un moment, il faut arrêter, il y en a marre", poursuit-il.

Pour Nadya Hilali, le problème dépasse toutefois la simple erreur matérielle. "Elles sont répétitives, elles sont sans cesse, c'est à chaque conseil", conclut-elle.

Le procès-verbal sera finalement reporté afin d'être corrigé.


R.R.