Véronique Durenne : «On ne veut pas arriver à la suppression du Sénat grâce aux voix des extrêmes»

Véronique Durenne : «On ne veut pas arriver à la suppression du Sénat grâce aux voix des extrêmes»

Véronique Durenne, députée wallonne et sénatrice (MR) était notre invitée dans Politiquement (in)correct. Elle est revenue pour nous sur le projet de suppression du Sénat.

Le Sénat est-il voué à disparaître ? C'est en tout cas une volonté que l'on retrouvait dans l'accord de gouvernement. "Le Sénat a vraiment évolué avec l'Etat et il y a eu un point de bascule en 2014 avec la sixième réforme de l'Etat où le sénat s'est vidé de ses compétences, raconte Véronique Durenne, députée wallonne et sénatrice (MR). C'était à l'époque une chambre permanente et c'est vrai qu'elle est devenue une chambre de réflexion où les lois spéciales sont votées, donc la structure de l'Etat, la réforme de la constitution et beaucoup de rapports d'information. On avait donc deux solutions : soit on essayait de redynamiser le Sénat, soit on le supprimait. Et bien dans l'accord de majorité Arizona, nous avons opté pour sa suppression".

Pourtant, lors du premier vote qui était supposé sceller une première étape pour la suppression du Sénat, le MR s'est abstenu et a même quitté la séance, en disant ne pas vouloir être associé aux extrêmes, en l'occurence le Vlaams Belang. Le Mouvement Réformateur préfère-t-il garder le Sénat plutôt que de voter avec le Vlaams Belang ? Véronique Durenne explique les raisons de cette abstention. "Dans l'accord de gouvernement, mon parti, le Mouvement Réformateur, avait des conditions, des balises, dit-elle. L'une d'entre elles c'est qu'on ne veut pas arriver à la suppression du Sénat grâce aux voix du Vlaams Belang ou du PTB, donc grâce aux voix des extrêmes. Et donc ce qu'il s'est passé lors de la séance plénière du 3 avril, c'est qu'on voulait s'assurer que le vote passerait sans les votes des extrêmes".

Mais le Vlaams Belang risque de conserver son vote. A terme, les voix seront quand même additionnées. Cette abstention était-elle un symbole plus qu'autre chose ? "Nous n'avions pas la certitude d'avoir le vote, parce qu'il faut les 2/3, sans le Vlaams Belang. Et donc nous avons demandé une suspension de séance. Nous l'avons quittée parce que le président du Sénat a refusé, il voulait faire passer la suspension de séance au vote. Sauf qu'une suspension de séance est de droit. C'est pour ça que nous nous sommes levés et l'avons quittée. Nous sommes revenus, nous nous sommes abstenus".

A trois ans des prochaines élections, Véronique Durenne pense que le Sénat peut disparaître avant celles-ci. "Il y a moyen que la suppression du Sénat soit votée. Le Premier ministre Bart De Wever se veut très constructif et ouvert à trouver des solutions suivant les balises que nous avons mises dans l'accord de majorité".

La sénatrice explique également que la solution proposée par le collectif G1000 n'est pas une mauvaise idée. C'est-à-dire créer une assemblée permanente citoyenne avec des citoyens tirés au sort. "On peut y réfléchir. D'ailleurs le MR a rencontré les responsables du G1000. Nous sommes ouverts au débat, à la réflexion, à la discussion. Il faut quand même savoir qu'il y a déjà un cadre légal qui existe au niveau de la Chambre et au niveau du Parlement wallon, avec des outils comme les pétitions, pour entendre les citoyens. Il y a déjà des commissions délibératives, des panels citoyens mais qui ne rassemblent qu'une partie de ceux-ci. Ce qu'on aimerait, c'est plutôt un vote à la suisse : des référendums, des consultations populaires, une vitalité démocratique où tous les citoyens finalement peuvent être associés aux décisions".


L.C.