La chapelle Cornu retrouve son éclat aux Petits-Empires à Blandain

La chapelle Cornu retrouve son éclat aux Petits-Empires à Blandain

Blandain

Dans le cadre bucolique des Petits-Empires à Blandain, l’ASBL Ligne 4 a inauguré la rénovation de la chapelle Cornu, la plus ancienne des quelque trente chapelles qui jalonnent le village. Un chantier mené presque entièrement par des bénévoles, animés par une même volonté : préserver un témoin précieux du patrimoine populaire local.

L'histoire récente de la chapelle Cornu est étroitement liée aux associations de sauvegarde du patrimoine blandinois. Une première grande restauration avait déjà été réalisée en 1991, dans le cadre de " l'Année du Petit Patrimoine Populaire Wallon " décrétée par le ministre Guy Liénard. À l'époque, l'ASPL (Association de Sauvegarde du Patrimoine Local de Blandain-Hertain), créée deux ans plus tôt, avait obtenu des subsides afin de sauver la chapelle alors en mauvais état.

Trois ans plus tard, en 1994, Paul de la Grange Jordan de Sury cédait la chapelle et sa parcelle de terrain à l'ASPL pour le prix symbolique d'un franc, avec une condition essentielle : maintenir le lieu accessible au culte et à la méditation.

Lorsque l'ASPL fusionne ensuite avec le cercle d'histoire locale Ligne 4, la chapelle est léguée à la nouvelle structure. L'acte de propriété est signé en décembre 2019.

Restaurer sans subsides

Face à la nécessité d'une nouvelle rénovation, Ligne 4 a d'abord envisagé de solliciter des aides publiques. Mais les contraintes administratives et les délais ont finalement poussé l'association à entreprendre les travaux sur fonds propres.

Pour financer le projet, des cartes postales ont notamment été éditées et vendues. Surtout, l'association a pu compter sur les compétences de plusieurs bénévoles passionnés.

Autour de Francis Crowin et Jean-Charles Allard, membres de Ligne 4, François Mariage et Emmanuel Vandekerkhove sont venus renforcer l'équipe. Tous trois avaient déjà participé à la restauration de 1991.

Un chantier minutieux

Les travaux ont été multiples : réfection partielle de la toiture, rejointoiement des briques, plafonnage et remise en couleur intérieure dans des tons mariaux.

Le sol situé devant l'autel, devenu trop endommagé, a été entièrement remplacé. Après excavation et remise à niveau, des tommettes anciennes récupérées dans un bâtiment tournaisien ont été posées.

La grille forgée par Jacques Brunin, artisan blandinois issu de la famille ayant également réalisé la grille du cimetière dessinée par l'architecte Lacoste, a elle aussi retrouvé son aspect d'origine grâce au travail de Jean-Charles Allard.

Autre défi technique : stabiliser les abords de la chapelle. Depuis le creusement de l'étang voisin, le seuil du bâtiment se retrouve désormais sous le niveau des terres. Des bordures de soutènement ont dû être installées avec précaution afin d'éviter toute fragilisation de l'édifice.

Des touches finales symboliques

La restauration s'est achevée par plusieurs interventions plus symboliques : la création d'un petit banc de pierre imaginé et réalisé par Francis Crowin, ainsi que la remise en beauté de la statue de Notre-Dame de Bonsecours par Emmanuel Vandekerkhove, peintre local habitué à restaurer des statues religieuses.

De nombreux dons sont également venus soutenir le projet : plaque de marbre, pierres du banc, tommettes anciennes ou encore bordures récupérées auprès de la Ville de Tournai.

" Je vous propose d'applaudir ceux qui ont tous bénévolement mis du leur pour la mise en beauté de la chapelle Cornu ", a lancé l'orateur sous les applaudissements du public.

Une chapelle chargée de mystère

Mais pourquoi l'appelle-t-on la chapelle " Cornu " ? Selon les recherches historiques évoquées lors de l'inauguration, aucun propriétaire portant ce nom n'apparaît dans les archives.

L'explication viendrait plutôt du fronton du bâtiment, composé de silex aux formes irrégulières appelés localement " cailloux cornus ". Dans la tradition populaire, leurs pointes évoquaient les cornes du diable, accusées d'endommager les socs des charrues dans les champs environnants. Leur présence dans la maçonnerie de la chapelle pourrait ainsi symboliser une demande de protection.

Entre patrimoine et spiritualité

L'inauguration s'est poursuivie dans une ambiance empreinte de recueillement avec une bénédiction par le curé de la paroisse, suivie d'enregistrements de " L'Église paysanne ", poème de Paul Fierens mis en musique par Auguste De Boeck, ainsi que de l'Ave Maria de Caccini interprétés par Pascal Macou.

Francis Crowin a ensuite présenté l'histoire détaillée de la chapelle avant un vin d'honneur et l'ouverture de la buvette.

À cette occasion, Ligne 4 a également annoncé la sortie de sa revue n°19, contenant une étude complète consacrée à la chapelle Cornu.


O.W.