La ville d’Ath s’engage pour une meilleure cohabitation entre le monde agricole et les citoyens

La ville d’Ath s’engage pour une meilleure cohabitation entre le monde agricole et les citoyens

Ath
La ville d’Ath s’engage pour une meilleure cohabitation entre le monde agricole et les citoyens

Plusieurs projets sont sur la table comme la mise à jour du listing des agriculteurs, un calendrier des travaux agricoles ou encore un « road trip » des fermes.

Le débat a été lancé au début du mois de mars par le conseiller Valentin Vigneron (MR.@th). Ce dernier a interpellé la majorité sur les nuisances liées à l'activité agricole, pointant du doigt le choc de deux logiques : "D'un côté, il y a la réalité du travail agricole. Des contraintes du voisinage inhérentes à une activité économique essentielle et structurante pour notre territoire. De l'autre, il y a une vision profondément attachée à l'esprit de village : celle d'un cadre de vie calme, presque immobile, où la nature serait décor plus qu'espace de production".

Valentin Vigneron a alors interrogé le collège communal sur les actions mises en place afin de renforcer le dialogue entre les agriculteurs et les riverains.

Recenser pour mieux communiquer

En réponse, l'échevine de l'Agriculture, Ysaline Rémy (MR.@th), a d'abord précisé que les plaintes officielles restent rares. Elle a toutefois annoncé un chantier prioritaire : la mise à jour du listing des agriculteurs. "Nous n'avons que 100 agriculteurs recensés alors que notre territoire en compte environ le double", déplore-t-elle.

Ce recensement, basé sur le volontariat, doit devenir le canal privilégié pour diffuser des informations cruciales : constats de dégâts aux cultures, aides communales ou événements et initiatives d'intérêt agricole. Les agriculteurs peuvent s'y inscrire via le site de la ville d'Ath ou auprès du service environnement.

Autre projet dans les cartons de l'échevine : la création d'un calendrier annuel des travaux agricoles. Diffusé dans "La Vie Athoise", il permettrait aux riverains d'anticiper les périodes de forte activité (moissons, épandages) et de mieux comprendre le rythme des saisons. "C'est un travail que j'aimerais mener avec un groupe d'agriculteurs. Les données demandées dans le listing serviront aussi pour cela" a précisé Ysaline Rémy.

L'inquiétude du monde agricole

Quelques semaines après ces annonces, le conseiller d'opposition et lui-même agriculteur, Justin Duvivier (La Liste Athoise), a fait part de ses inquiétudes par rapport à ces mesures. "Pouvez-vous garantir que les agriculteurs ne devront pas subir de nouvelles contraintes ou devoir se justifier davantage dans leur pratique et que les dispositifs envisagés resteront bien basés sur le volontariat, le bon sens et le respect mutuel ?" a-t-il questionné.

Si on doit s'adapter à chaque situation individuelle, il devient impossible de faire notre travail

L'élu a illustré son propos par une réalité de terrain parfois brutale : l'intervention répétée de la police durant les moissons suite à des plaintes de voisinage. "Si on doit s'adapter à chaque situation individuelle, il devient impossible de faire notre travail", a-t-il martelé.

Absente lors du dernier conseil, Ysaline Rémy a fait savoir, par la voix de sa collègue Murielle Cornil, que "la volonté n'est pas d'ajouter des contraintes, mais bien de renforcer le dialogue et la compréhension mutuelle. Cette démarche doit aller dans les deux sens".

"La campagne, ce n'est pas un décor, c'est un lieu de travail".

Dans cette logique, l'échevine de l'Agriculture souhaite organiser des moments d'échanges et de rencontre entre riverains et agriculteurs. Elle a d'ailleurs évoqué le projet d'un road trip des fermes. "Il s'agirait d'une journée de ferme ouverte à l'échelle de l'entité où plusieurs exploitations volontaires pourraient accueillir les citoyens afin de leur faire découvrir concrètement leur métier et leurs réalités".

En vue de sensibiliser davantage les citoyens, une attention particulière sera apportée aux nouveaux habitants par le biais de la brochure. "On constate aussi que ce sont parfois des personnes qui découvrent récemment la vie à la campagne qui sont les plus surprises par certaines réalités. La campagne, ce n'est pas un décor, c'est un lieu de travail".

Rassuré par ces déclarations, Justin Duvivier a conclu en précisant : "les agriculteurs ne sont pas là pour déranger les riverains mais pour garantir une souveraineté alimentaire et entretenir sous forme de champs les paysages autour de nous".


A.D.