La Région wallonne restreint le nombre de structures d’aide à l’emploi
Maisons de l’Emploi, Agences locales pour l’Emploi, Centres d’Insertion Socio-Professionnelles… toutes ces structures seront réduites à 43 points de contacts uniques à partir de janvier 2027.
Sous l'impulsion du ministre de l'Emploi, Pierre-Yves Jeholet, le Gouvernement wallon a validé la création de points de contact uniques, une réforme jugée majeure par les autorités politiques et qui vise à redessiner l'accueil et l'accompagnement des chercheurs d'emploi en Wallonie.
L'objectif expliqué est de simplifier le parcours de remise à l'emploi pour les personnes concernées. Ces Points de contact uniques regrouperont les services du Forem ainsi que des acteurs locaux de l'insertion socio professionnelle tels que les MIRE, CISP, CPAS, IDESS, TRES ou Régies des Quartiers.
Autrement dit et plus concrètement, la réforme prévoit de redeployer le personnel de toutes ces structures en 43 points de contact uniques (PCU), soutenus par 12 directions régionales. Aujourd'hui ce personnel est répartis dans 311 structures différentes : 242 ALE, 56 Maisons de l'Emploi, 4 Relais de l'Emploi et 9 bureaux de proximité.
En Wallonie picarde, il y aura deux directions régionales (Mouscron et Tournai) et deux points de contact uniques (Ath et Péruwelz). Ils devraient accueillir les services des actuelles Maisons de l'emploi de Beloeil, Bernissart, Comines-Warneton, Estaimpuis, Leuze et Lessines.
"Une perte de proximité"
A peine annoncée, l'information suscite déjà réactions et inquiétudes. A Leuze, le groupe Idées regrette un manque d'anticipation. "Cette décision est à lire en même temps que l'arrivée, depuis janvier, de nombreux exclus du chômage à la suite de la réforme du gouvernement fédéral. Face à cette évolution, les besoins d'accompagnement des chercheurs d'emploi croissent de manière significative. C'est précisément dans cette perspective qu'une motion avait été formulée par notre chef de file Nicolas Dumont dès le Conseil Communal du 8 octobre 2025 : anticiper la réforme en positionnant Leuze comme un point de contact unique, un véritable guichet d'entrée communal pour les chercheurs d'emploi. Ceux-ci sont en effet souvent perdus face à la complexité institutionnelle. Autour de ces publics gravitent de nombreux acteurs : les CPAS, les Maisons de l'emploi, Le Forem dont les actions gagneraient à être mieux coordonnées. L'objectif de notre proposition était clair : rassembler les initiatives afin d'offrir un service lisible, efficace, accessible et au plus près du citoyen, tout en optimisant les finances communales. Une approche pragmatique, centrée à la fois sur l'intérêt des bénéficiaires et sur la bonne gestion des ressources publiques" déplore-t-il dans un communiqué craignant que "les demandeurs d'emploi leuzois devront se déplacer vers Péruwelz ou Tournai pour bénéficier d'un accompagnement amélioré. Pour beaucoup, cela représentera un frein supplémentaire dans un parcours vers l'insertion professionnelle déjà semé d'embûches.
A Lessines, c'est le PS qui a réagit suite à cette annonce. "Centraliser vers un point de contact unique à Ath, ce n'est pas neutre. C'est potentiellement : moins d'accessibilité pour les citoyens, moins d'accompagnement humain et une incertitude pour les travailleurs concernés. On ne peut pas parler d'insertion et d'emploi tout en fragilisant à la fois les bénéficiaires et ceux qui les accompagnent. Parce que derrière les structures, il y a aussi des travailleuses et des travailleurs : des agents expérimentés, des accompagnateurs de terrain et des personnes engagées au service du public. La question est simple : cette réforme va-t-elle entraîner des pertes d'emploi ou des déplacements forcés ?" questionnent les socialistes.
C.F.