Vente d’une parcelle communale à Ath : l’opposition s’interroge sur le montant de la vente, jugé « trop bas »

Vente d’une parcelle communale à Ath : l’opposition s’interroge sur le montant de la vente, jugé « trop bas »

Ath
Vente d’une parcelle communale à Ath : l’opposition s’interroge sur le montant de la vente, jugé « trop bas »

Il s’agit d’un terrain de 1 are 36 ca situé au chemin des Lilas à Ath.

Ce jeudi soir, les élus athois étaient amenés à voter la désaffectation d'une partie de parcelle située au chemin des Lilas en vue de sa vente. La société "Les Jardins Athois", dont le siège social est établi à cette même adresse, a en effet manifesté son souhait d'acquérir cette parcelle située en face de sa propriété. Si, en apparence, ce point ressemblait plutôt à une formalité administrative, il a finalement fait l'objet de nombreux échanges entre majorité et opposition.

Un prix jugé insuffisant

Si Pascale Nouls (La Liste Athoise) ne conteste pas le principe de la vente, elle s'interroge sur son montant. "Pour moi, 50 € par mètre carré dans une zone d'habitat proche du centre-ville, ça me paraît un peu léger", déclare d'emblée la conseillère d'opposition. Selon elle, les 6 800 euros demandés sont largement sous-évalués. S'appuyant sur des recherches effectuées avec l'aide de l'intelligence artificielle, elle évoque des comparaisons avec des terrains à bâtir ou encore des emplacements de parking en centre-ville. "On parle de 185 euros du m², ce qui voudrait dire que, pour ce terrain de 120 m², on serait plutôt à 22 200 euros", détaille l'élue, avant d'ajouter : "Le prix des emplacements de parking à Ath est estimé, selon l'intelligence artificielle, à environ 12 000 euros ; il y en a 6 à 7 sur ce terrain".

La conseillère d'opposition pointe également la situation financière de la Ville d'Ath. "Les finances de la ville sont mauvaises. Tous les citoyens, par le biais de nos taxes exorbitantes, participent à renflouer les caisses de la ville", déplore Pascale Nouls, qui admet que le soutien aux entreprises athoises est aussi important, mais que cela ne doit pas empêcher d'avoir des prix adaptés au marché.

Face à ces critiques, le président de séance, Bruno Lefèbvre (PS), a souligné que le montant demandé n'est en rien arbitraire. "Ce n'est pas le collège communal qui fixe le prix, mais une étude notariale", précise-t-il. Le président de séance a également lu les quelques remarques formulées par cette dernière : "Il s'agit seulement pour eux de garantir un libre accès à leur établissement et non de bâtir ni d'aménager des emplacements de parking. Et d'ailleurs, ce n'est pas reconnu en tant que parking. Donc, on ne peut pas non plus le valoriser comme tel. Dans cette perspective, il est peu probable que vous puissiez en obtenir un prix supérieur à 50 € par mètre carré. Un tel prix est bon à prendre car, pour la ville, la parcelle est sans aucune valeur".

L'équité doit prévaloir

Un argument qui ne convainc pas totalement dans les rangs de l'opposition. Stéphane Delfosse, chef de file de La Liste Athoise, s'est d'abord étonné d'obtenir des précisions de la part du président de séance et non du bourgmestre. "Je lis ce qui est inscrit dans le PV", se défend alors Bruno Lefèbvre. Le conseiller d'opposition a ensuite fait part de son ressenti, estimant que, peu importe le prix fixé, tout le monde doit être logé à la même enseigne. "Ma boussole en tant que conseiller communal est très simple : c'est l'équité et l'objectivité, quelle que soit d'ailleurs la partie requérante", détaille-t-il.

Mais les discussions autour du prix de vente de ce terrain semblent avoir agacé le président de séance. "J'ai l'impression qu'on est en train de parler d'un terrain de 5 ou 10 hectares sur lequel on pourrait construire une maison, alors que la parcelle fait 1,36 are", s'insurge-t-il.

Quel usage pour cette parcelle ?

C'est d'ailleurs l'usage actuel du terrain qui a également suscité des échanges entre majorité et opposition. Présenté par Pascale Nouls comme un espace utilisé notamment pour le stationnement et privatisé par la société via des panneaux, celui-ci ne bénéficie pourtant d'aucun statut officiel. " Ce n'est pas du stationnement privatif ", précise Jérôme Salingue, échevin de la Mobilité (PS), ajoutant que certains riverains s'y garent parfois, ce qui engendre des problèmes d'accessibilité pour l'entreprise. Bruno Lefèbvre le confirme également : les panneaux " réservés " visibles sur place " ne sont pas légaux ".

En fin de débat, le bourgmestre Florent Van Grootenbrulle (PS) a tenu à rassurer sur la méthode : "Il n'y a pas de fait du prince. L'équité est bien appliquée et toutes les étapes sont respectées". Refusant d'entrer dans une "bataille de chiffres", il insiste sur la confiance accordée à l'étude notariale. "C'est une étude reconnue. Je pense que le travail qui est produit par leur équipe est tout à fait impartial et objectif", insiste-t-il.

Enfin, Bruno Lefèbvre a insisté sur la transparence du collège sur ce point. "Le collège dispose d'une délégation pour les montants inférieurs à 60 000 € dans le cadre de ce genre de vente. Il n'y avait aucune obligation de venir au conseil communal aujourd'hui avec ce dossier", souligne-t-il.

Au vu des réserves exprimées, le groupe d'opposition La Liste Athoise a voté contre la désaffectation et la vente de cette parcelle, tout comme Esther Ingabire (Ecolo). Les Engagés ont voté favorablement, rejoignant ainsi la majorité.


A.D.