Scène de chaos au carnaval de Tournai : six suspects ont été identifiés
"À ce moment-là, il n'aurait pas été opportun d'intervenir." La bourgmestre de Tournai, Marie Christine Marghem, et le commissaire divisionnaire de la zone de police du Tournaisis, Dominique Debrauwere, étaient invités sur notre plateau.
Ce samedi en fin d'après-midi, vent de panique au carnaval de Tournai. Des membres d'un club de motards ont en effet semé le chaos en quelques secondes. Alors que la fête battait son plein et que les enfants étaient réunis devant la Halle aux Draps pour le traditionnel lancer des pichous, des motards ont fait irruption et ont provoqué une bagarre. Paniqués, les enfants ont alors été mis à l'abri dans la Halle aux Draps par les membres de la confrérie des Bouffons. Une situation qui a donc provoqué beaucoup de stress chez les parents.
Ces faits violents ont ainsi choqué plus d'un carnavaleux. Des coups ont été donnés et ont fait plusieurs blessés, notamment au sein de la confrérie des Bouffons. Les motards ont ensuite quitté les lieux, aucune arrestation n'a eu lieu sur le moment même.
Plusieurs suspects identifiés
Ce lundi soir, Marie Christine Marghem, bourgmestre de Tournai, et Dominique Debrauwere, chef de corps de la zone de police du Tournaisis, étaient présents sur le plateau de notre journal télévisé afin d'éclaircir la situation.
Dominique Debrauwere a annoncé que six suspects avaient été identifiés, dont celui qui a porté certains coups. Le dossier est en cours de rédaction et les éléments seront rapidement transmis au procureur du Roi.
Pourquoi la police n'est-elle pas intervenue ?
Mais alors, une question se pose depuis cet incident : pourquoi les forces de l’ordre n’ont-elles pas procédé à des arrestations ? Pour le commissaire divisionnaire, la sécurité générale des carnavaleux était la priorité. «Nous sommes dans le cadre d'un événement festif. Il y a 5000 à 6000 personnes sur la Grand-Place. Il y a 15 000 à 20 000 personnes dans les rues tournaisiennes pour participer à cet événement. Et donc notre mission première est de protéger les gens. Quand l'incident est survenu, nos policiers sont très rapidement arrivés sur site et ont collaboré avec la Croix-Rouge (…) Ensuite, les fauteurs de troubles étaient déjà suivis depuis un long moment lors de cet événement, mais n'ayant commis aucune infraction, ils jouissent de la liberté d'aller et de venir comme tout citoyen. Et il n'y a qu'au moment de la commission d'une infraction que les services de police interviennent.»
À ce moment-là, aucun motard n’est interpellé. Pour Dominique Debrauwere, les arrêter aurait fait empirer la situation. «Ils ont compris qu'ils devaient quitter les lieux, ils l'ont fait par eux-mêmes. Nous les avons suivis à distance. Mais notre mission première était de continuer à assurer la sécurité générale de l'événement, sachant que la vidéosurveillance était en fonction depuis un moment et que nous avions l'ensemble des éléments pour nous permettre d'investiguer (…) Nous devons toujours jauger à quel moment intervenir, ne pas créer un événement encore plus traumatique pour la population. L'objectif était atteint, tout le monde était en sécurité et le calme était très rapidement revenu. Donc je pense qu'à ce moment-là, il n'aurait pas été opportun d'intervenir dans l'immédiat», a-t-il expliqué.
Complaisance envers les bandes de motards ?
Mais alors, existe-t-il une certaine complaisance de la police envers les bandes de motards ? "Absolument pas. Je peux vous indiquer que c'est un phénomène qui est suivi de très près par les services de police, qu'ils soient fédéraux ou locaux. On travaille en parfaite interaction. Il y a une image qui est créée chaque année de l'évolution du phénomène et nous suivons ça de très, très près. Après, je vous rappelle quand même qu'il y a des libertés constitutionnelles qui s'appliquent à eux également. Ils peuvent aller et venir. Évidemment, on est toujours très attentifs à leurs mouvements quand on les repère sur le moment. Mais encore une fois, tant qu'il n'y a pas d'infraction, nous n'intervenons pas", a conclu le commissaire divisionnaire.
E.H.