Pecq : le bourgmestre accuse l’opposition d’avoir volontairement laissé passer l’erreur sur le précompte immobilier

Pecq : le bourgmestre accuse l’opposition d’avoir volontairement laissé passer l’erreur sur le précompte immobilier

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Pecq : le bourgmestre accuse l’opposition d’avoir volontairement laissé passer l’erreur sur le précompte immobilier

Le dossier de la baisse involontaire du précompte immobilier a viré à l’affrontement politique, ce lundi soir, au conseil communal de Pecq.

Le dossier du précompte immobilier est revenu sur la table du conseil communal de Pecq, ce lundi soir. Après la découverte d'une erreur administrative ayant entraîné une baisse involontaire des centimes additionnels (de 2.800 à 2.600), la majorité a soumis un point visant à rectifier la délibération du 17 novembre et à fixer officiellement la taxe additionnelle à 2.800 centimes pour les exercices 2026 à 2031.

Mais le débat de ce lundi a rapidement dépassé la simple correction technique.

"Comment personne n'a rien vu ?"

Profitant du point inscrit à l'ordre du jour, la conseillère d'opposition, Laure D'Haene (Pecq Autrement), a interpellé le bourgmestre sur la manière dont l'erreur a pu passer inaperçue.

"Nous sommes conscients que cela peut arriver et il n'est nullement question de pointer un membre du personnel. Cependant, on nous affirme que le maintien des centimes additionnels à 2.800 a été voté par le Collège. Ce qui est interpellant, c'est qu'aucun membre du Collège, dont deux échevins en charge des finances, ni la directrice financière, n'ont vu l'erreur ni dans le projet de délibération transmis aux conseillers, ni dans la délibération actée, ni dans le procès-verbal."

Le groupe d'opposition rappelle également que l'erreur aurait pu être corrigée lors des conseils de décembre ou janvier, dans le respect de l'échéance légale fixée au 31 janvier.

Le bourgmestre renverse l'accusation

Au lieu d'endosser une responsabilité politique pleine et entière, le bourgmestre a choisi de contre-attaquer.

Il affirme qu'en réunion préparatoire avec la directrice financière et l'agent en charge des taxes, il avait été décidé de ne modifier ni l'IPP ni le précompte immobilier. "Il n'y avait même pas de discussion. Dès l'instant où on décide de ne toucher à rien, ça s'arrête là."

Il rappelle qu'en novembre, une trentaine de taxes ont été examinées pendant près d'une heure. "On a eu des remarques sur toutes les taxes, sauf, bizarrement, sur celles-là."

Le ton est ensuite monté d'un cran lorsqu'il a évoqué la chronologie des faits. Le bourgmestre s'étonne que l'erreur n'ait été médiatisée qu'après l'échéance du 31 janvier et que seule la cheffe de file de Pecq Autrement, Emmanuelle Pee, ait été interrogée par les journalistes.

Sans accuser frontalement, il laisse planer le doute. "Je trouve ça louche que ce chiffre, identique depuis 2013, soit soudainement modifié, qu'il passe entre toutes les mailles du filet et que la presse s'en saisisse juste après la deadline qui nous aurait permis de corriger le tir. Me faire croire que personne n'a vu l'erreur, je ne parierais pas un seul euro."

Le bourgmestre suggère donc que l'opposition aurait averti la presse après avoir laissé filer le délai légal pour mettre la majorité en difficulté.

Surprise et déception pour la cheffe de file

Absente ce lundi soir, retenue en sa qualité de directrice financière de la commune d'Estaimpuis où se tenait simultanément un conseil communal, Emmanuelle Pee a réagi à nos sollicitations. Elle se dit "surprise et déçue" par les propos tenus publiquement par Aurélien Brabant.

"Je suis la première à aider et à collaborer dans la constitution ou l'analyse de cahiers des charges. Je suis toujours dans une démarche constructive en matière de gestion administrative et financière."

Elle rappelle le contexte du conseil de novembre. "Il y avait quantité de taxes, une modification budgétaire L'agenda était chargé. Je ne suis pas un robot. Nous sommes 17 autour de la table, sans compter le directeur général et la directrice financière. Pourquoi aurais-je adopté une telle attitude et dans quel intérêt ? Comme si j'étais dans une telle bassesse..."

L'affaire est close... administrativement parlant

Le Service public de Wallonie (SPW) confirme avoir bien reçu la délibération du 2 mars 2026 par laquelle le conseil communal établit, pour les exercices 2026 à 2031 inclus, le taux de la taxe additionnelle au précompte immobilier à 2.800 centimes.

Dans un courrier adressé aux membres du collège, le SPW précise que la délibération « n’appelle aucune mesure de tutelle » et qu’elle est dès lors devenue pleinement exécutoire.

Administrativement, le dossier est donc clos. Politiquement, en revanche, les tensions restent bien présentes.


Sébastien Lippens