Leuze : une prime pour les bébés nageurs qui divise majorité et opposition

Leuze : une prime pour les bébés nageurs qui divise majorité et opposition

Leuze : une prime pour les bébés nageurs qui divise majorité et opposition

100 euros seront versés par la commune aux parents d’enfants ayant participé à des séances de bébés nageurs.

C'en est fini de la prime de naissance de 50 euros accordée à tous les enfants leuzois. Le bourgmestre Hervé Cornillie a annoncé que le collège communal la remplaçait par une prime destinée aux bébés nageurs. Chaque enfant né en 2026 et domicilié à Leuze-en-Hainaut pourra ainsi prétendre aux 100 euros promis par la Ville. "C'est une intervention qui constitue un véritable progrès social pour chacun des enfants nés à Leuze. Nous avons la certitude que l'argent sera réellement utilisé pour l'enfant dans les deux ans suivant sa naissance ", affirme le bourgmestre.

Un cadre précis a été défini pour encadrer la mesure. Par "modules bébés nageurs", il faut entendre "un cycle d'au minimum cinq séances d'accoutumance aquatique destiné aux enfants âgés de 0 à 24 mois, dispensé par un opérateur reconnu, encadré par du personnel qualifié et organisé au sein d'une infrastructure aquatique agréée".

Des réserves dans l'opposition

Dans les rangs de l'opposition, la mesure ne fait pas l'unanimité. "Notre vision n'est pas de faire fonctionner des opérateurs privés avec de l'argent public, mais plutôt de définir une offre de piscine publique accessible à tous à un tarif abordable ", explique Nicolas Dumont, chef de file du groupe Idées.

Il regrette également que les enfants ne puissent pas nécessairement suivre ces séances dans la commune, en raison de la fermeture de la piscine leuzoise et de l'incendie survenu il y a quelques semaines dans l'une des piscines privées de l'entité. Selon lui, les 100 euros ne couvriraient que trois à quatre séances pour les nourrissons. "C'est une bonne chose, mais cela reste insuffisant ", estime-t-il.

Autre point soulevé par le groupe : la question de la mobilité. "J'ai une vraie interrogation en termes de justice sociale et d'objectif communal. L'accès à la mobilité est très largement corrélé aux revenus. Plus on a de moyens, plus on a de véhicules et plus il est facile d'accéder à des infrastructures éloignées. Et l'inverse est tout aussi vrai", souligne Nicolas Dumont.

Le conseiller pointe également un "chaînon manquant" entre 2 et 12 ans. Selon lui, aucun autre incitant communal n'existe ensuite pour encourager l'apprentissage structuré de la natation.

Du côté d'Ecolo, Christine Delcroix met elle aussi en avant l'enjeu de la justice sociale. "Je ne suis pas du tout convaincue que cette mesure diminuera les inégalités. Au contraire, je pense qu'elle risque de les renforcer. La prime couvre quelques séances, mais il faut en financer davantage pour y avoir droit. Cela s'adresse donc à des familles qui ont d'abord les moyens d'avancer 100 euros, en attendant le remboursement par l'administration communale, et de payer un complément pour poursuivre les cours. "

Une mesure " responsabilisante ", selon le bourgmestre

Hervé Cornillie défend le principe d'un remboursement a posteriori. "Cela permet d'éviter les abus. La gratuité est parfois mauvaise conseillère. Si tout est gratuit, certains s'inscrivent sans nécessairement se présenter. Ici, c'est une forme de responsabilisation, comparable au tiers payant dans d'autres secteurs. (...) Ce n'est pas totalement gratuit. On vous encourage à le faire, mais vous êtes remboursé parce que vous investissez aussi vous-même. C'est une garantie pour éviter, par exemple, que certains déclarent avoir participé en s'entendant avec un prestataire privé afin de percevoir l'intervention communale sans qu'il n'y ait eu de réelle dépense. "

L'opposition demande qu'une évaluation de la mesure soit réalisée à la fin de l'année. Lors du vote, la majorité a soutenu le projet, le groupe Idées s'est abstenu et l'écologiste Christine Delcroix a voté contre la prime.


R.R.