« Ce n’est pas une démission, le Cabaret reste dans mon cœur » : Jean-Marc Foucart cesse ses activités au sein du Cabaret wallon tournaisien
Il se dit victime d’attaques personnelles de la part de certains chansonniers.
Un an après le départ de Philippe De Smet du Cabaret wallon, c'est une autre figure historique qui s'apprête à quitter le ponton tournaisien. "Ce n'est pas une démission, le Cabaret reste dans mon coeur ", annonce Jean-Marc Foucart dans un communiqué.
Le Brunehautois et le Cabaret wallon, c'est une histoire d'amour qui dure depuis près de 30 ans. En 1996, il participe au concours Prayez et remporte le premier prix en monologue. L'année suivante, il entre comme aspirant avant d'être admis définitivement. Pendant 14 ans, sous les présidences de Michel Derache, Christian Bridoux et Jonathan Delforge, il occupe la fonction de vice-président. Après Pierre Vandenbroecke, il est aujourd'hui le deuxième plus ancien chansonnier encore actif sur le ponton.
Un départ pour une durée indéterminée
Cette décision de se mettre en retrait n'a pas été prise de gaieté de coeur. En septembre dernier, Jean-Marc Foucart avait déjà signifié aux Compagnons son retrait jusqu'à la fin décembre 2026. Mais, explique-t-il, de nouveaux événements l'ont poussé à cesser ses activités au sein de la RCCWT pour une durée indéterminée.
"Depuis plus d'un an, j'ai été victime d'attaques personnelles de la part de certains chansonniers. Je ne me sens plus respecté. L'ancienneté, l'âge et l'expérience ne sont plus des gages de considération. C'est malheureusement le cas dans beaucoup d'autres associations. On m'a demandé de m'engager dans un mandat, ce que j'ai fait, mais j'ai ensuite été écarté de certaines décisions. Certains chansonniers n'ont pas tenu leurs promesses", déplore-t-il.
Un Cabaret qui ne lui correspond plus
Jean-Marc Foucart regrette également la manière dont les décisions sont aujourd'hui prises au sein de l'institution. "Certaines décisions devraient être prises de manière collégiale, mais elles tendent à devenir la prérogative exclusive de certains membres de la Compagnie. Notre Compagnie perd tout doucement sa vocation artistique au profit d'une logique d'entreprise. Il n'y a plus de projets philanthropiques. Je déplore et ne peux tolérer le manque de respect de certains chansonniers vis-à-vis de partenaires, d'autres associations patoisantes ainsi que de notre public."
Parmi les décisions qu'il critique, figure celle du lieu des représentations. "Depuis 2016, nous présentons nos Grands Cabarets-Revues au Forum. Les travaux à la Maison de la Culture nous y ont forcés. Cette salle n'offre pas le confort nécessaire au public. Les travaux étant désormais terminés, beaucoup de nos membres cotisants réclament un retour à la Maison de la Culture, même si la carte de membre devait être sérieusement augmentée. "
"En négligeant ouvertement le confort du public, l'image du Cabaret se ternit. De nombreux anciens spectateurs ne viennent plus ou ne cotisent plus.", ajoute-t-il.
Un départ du Cabaret, mais pas l'arrêt du patois
Après une longue réflexion, Jean-Marc Foucart assume donc ce retrait, sans renier son parcours. "Le Cabaret m'a apporté énormément. J'y ai fait des rencontres exceptionnelles. Je garde de très bons souvenirs et j'entretiens d'excellentes relations avec certains chansonniers actuels."
Son engagement pour le patois, lui, se poursuit. Il continuera d'assurer le rôle de souffleur pour la troupe de Brunehaut et restera l'un des visages de l'émission " No Parlache " sur notélé. Chaque semaine, il publie également, avec Damien Leleu, des vidéos en patois sur les réseaux sociaux.
Et de nouveaux projets voient le jour. "C'est maintenant officiel : tous les mois de novembre, avec d'autres amoureux du patois, nous organiserons un cabaret totalement philanthropique ", conclut-il.
R.R.