Communales 2030 : moins d’élus dans plusieurs communes de la région
Le gouvernement wallon souhaite réduire le nombre de mandataires politiques locaux dès les élections communales de 2030. Une réforme qui suscite des réactions contrastées chez les bourgmestres de la région.
Deux conseillers communaux et un échevin en moins dans chaque commune wallonne. C'est l'une des mesures annoncées par le gouvernement MR-Les Engagés dans le cadre de ses perspectives budgétaires pour les prochaines années, jusqu'à la fin de la mandature. L'objectif est notamment de réaliser des économies dans les finances communales. «La volonté, c'est aussi de faire des économies. Et faire des économies passe notamment par la réduction du nombre de membres des collèges communaux», explique François Desquesnes, ministre wallon des Pouvoirs locaux (Les Engagés).
La réduction du nombre d'échevins sera plus importante dans les grandes villes. Deux postes seront supprimés dans les communes de plus de 100.000 habitants et trois à Charleroi. «Ce sont de vraies économies dans les budgets des communes. Chacun doit faire un effort et le politique doit aussi montrer l'exemple», poursuit le ministre.
En Wallonie picarde, qui compte 23 communes, la réforme entraînerait la disparition de 46 sièges de conseillers communaux et de 23 postes d'échevins. À Brunehaut, par exemple, le collège communal ne compterait plus, dès 2031, qu'un bourgmestre, trois échevins et le président du Pôle d'action sociale.
Des économies qui restent à chiffrer
Pour Clara Hurbain, bourgmestre de Brunehaut (USB), cette réduction ne constitue pas nécessairement une mauvaise idée, mais son efficacité reste à démontrer. «Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise idée, mais en tout cas, ce n'est pas ça qui permettra de faire de réelles économies. Et d'ailleurs, ils n'ont pas pu encore réellement budgétiser les économies qui seront faites par rapport à cela», souligne-t-elle.
La bourgmestre s'inquiète surtout de la charge de travail des élus. «Les missions sont de plus en plus importantes. Retirer des élus, ça peut paraître un peu compliqué pour le travail qui doit être fait.»
À Comines-Warneton, Alice Leeuwerck (MR) se montre moins inquiète quant au fonctionnement des communes. «Supprimer deux élus en soi ne va pas paralyser le travail d'une commune», estime la bourgmestre. Elle s'interroge toutefois sur l'application de ces économies aux autres niveaux de pouvoir. «Des efforts doivent être faits à tous les niveaux de pouvoir. Je comprends que le citoyen se demande si ces diminutions d'élus vont aussi avoir lieu à d'autres niveaux, notamment au Parlement.»
Des communes déjà confrontées à plusieurs réformes
Cette réduction du nombre de mandataires intervient alors que les communes doivent déjà faire face à plusieurs changements institutionnels et à des contraintes budgétaires.
Clara Hurbain cite notamment la future réforme des provinces, les incertitudes concernant le financement des zones de secours, les changements dans le fonctionnement des zones de police ou encore le rapprochement annoncé entre les communes et les CPAS. «Le travail ne manque pas. Avec des effectifs réduits et des budgets qui sont réduits, à un moment donné, on peut se demander un peu comment on va faire», explique la bourgmestre de Brunehaut.
La réduction du nombre de mandataires devrait entrer en vigueur à l'occasion des prochaines élections communales, prévues en octobre 2030. Avec deux sièges de moins à attribuer dans chaque conseil communal, la réforme pourrait également modifier les équilibres politiques et réserver quelques surprises lors du prochain scrutin.