Grandglise : découvrez le projet vert pour le site de l'ancien camping des Roches rouges
Après plusieurs projets abandonnés, une nouvelle vocation se dessine pour l’ancien camping des Roches Rouges à Grandglise.
Depuis la fermeture du camping en 2021, la nature a largement repris ses droits aux Roches rouges. Les anciens emplacements ont pratiquement disparu sous la végétation et seuls certains cheminements témoignent encore de l'ancienne vocation du site.
Après l'abandon des projets de glamping et de parcours sportif envisagés précédemment, la nouvelle majorité a choisi une autre direction. La réflexion a été menée avec la Commission locale de développement rural (CLDR), avec une ligne directrice rapidement dégagée par les citoyens.
" Ce qui est ressorti tout de suite, c'était le mot sobriété, le mot nature, mais aussi le calme et la quiétude ", explique Alicia Vandenabeele (PS), échevine du Développement rural à Beloeil. " L'idée est vraiment de développer une espèce de parcours dédié à la nature, et notamment à la nature locale. On a une bruyère extrêmement spécifique qui pousse ici et on espère pouvoir la régénérer. "
Un parcours pédagogique pour petits et grands
Le projet prévoit notamment des modules pédagogiques destinés aux enfants, avec la possibilité d'accueillir des activités liées à l'école du dehors. Des espaces permettraient également de simplement se promener, se poser ou s'abriter quelques instants.
L'objectif n'est donc pas de transformer les Roches rouges en un nouveau pôle touristique à forte fréquentation. " L'idée, c'est d'avoir quelque chose de très sobre, très soft, où on pourrait se délasser en se promenant ou simplement découvrir la biodiversité via différents supports ", détaille Eric Evrard, de la Fondation rurale de Wallonie.
La réflexion a associé la CLDR, les résidents du home voisin et différents acteurs susceptibles de prendre part au projet. Les cheminements existants devraient être conservés plutôt que d'en créer de nouveaux.
Les deux bâtiments encore présents sur le terrain communal ne seraient pas démolis. Ils seraient réhabilités et affectés à de nouveaux usages.
Tourner la page des squats et des dépôts sauvages
Redonner une fonction au site doit aussi permettre de tourner la page de plusieurs années plus difficiles, marquées notamment par des dépôts sauvages et des squats.
" Les citoyens avaient envie que ce site revienne aux habitants de Beloeil, qu'il soit vraiment partagé, mais surtout pas laissé à l'abandon et donc pas laissé en zone de squat ", souligne Alicia Vandenabeele.
La commune, propriétaire du terrain, entend désormais privilégier la nature plutôt qu'un retour à l'hébergement touristique.
La végétation devra néanmoins être gérée. Plusieurs essences exotiques, dont certaines envahissantes, sont présentes. Les interventions devraient être planifiées sur plusieurs années afin de préserver le caractère naturel du lieu tout en permettant aux équipes communales d'en assurer l'entretien.
Encore plusieurs étapes avant les premiers aménagements
Si les grandes lignes sont désormais tracées, il faudra encore patienter avant de voir le projet prendre forme. Une convention de faisabilité a été introduite auprès de la Région wallonne et est passée par le conseil communal. La commune attend désormais le feu vert régional avant de pouvoir poursuivre la procédure.
" On attend évidemment la signature de la ministre pour pouvoir avancer ", explique Alicia Vandenabeele. Quant à avancer une date pour l'ouverture du site réaménagé, l'échevine reste prudente. " Deux ou trois ans, je pense que je suis peut-être un peu trop optimiste. On est surtout tenu par un timing qui nous est imposé par les pouvoirs subsidiants. "
Une oeuvre pour renouer avec la mémoire du camping
En attendant cette réhabilitation, les Roches rouges vont déjà accueillir un autre projet. Le Parc naturel et le GAL des Plaines de l'Escaut mènent une action artistique avec sept partenaires institutionnels.
Une oeuvre fera directement référence à la mémoire collective du site et à son passé de camping.
" On cherche à questionner les héritages qu'on a reçus, ceux qu'on va aussi donner aux générations d'après, et à tisser des liens ensemble à partir de ce qui s'est vécu ici, au camping des Roches rouges ", explique Chloé Mauterlé, chargée de projets paysages et patrimoines vivants au Parc naturel des Plaines de l'Escaut.
L'oeuvre devrait être installée au printemps ou durant l'été 2027. Peu de détails filtrent encore sur sa forme, si ce n'est qu'elle prendra de la hauteur. Une première manière de redonner vie à un lieu qui a fait le bonheur de nombreux campeurs dans les années 1980 et 1990.
J.C.