Chiffonnades de Tournai : face à la contestation de certains commerçants de prêt-à-porter, Kelly Vandeputte défend le choix de la date
Plusieurs commerçants tournaisiens du secteur du prêt-à-porter ont adressé une pétition aux autorités communales pour dénoncer l'organisation des « Chiffonnades » durant le week-end de la grande braderie. La présidente de Tournai Commerces, Kelly Vandeputte, dit comprendre leurs inquiétudes mais souhaite maintenir cette date pour tester la formule.
La programmation des « Chiffonnades » fait grincer des dents chez plusieurs commerçants du centre-ville de Tournai. Sept enseignes du secteur du prêt-à-porter ont signé une pétition adressée aux autorités communales. Leur problème n'est pas l'existence même de cet événement consacré à la seconde main, mais bien la date choisie pour l'organiser.
Cette année, les « Chiffonnades » doivent en effet se tenir le samedi du week-end traditionnel de la grande braderie, organisée le lundi. Une période jugée particulièrement importante pour les commerces de vêtements, qui profitent de ce rendez-vous pour écouler les invendus des collections précédentes. Les signataires estiment dès lors que permettre à des particuliers de vendre leurs vêtements de seconde main à ce moment-là risque d'entrer directement en concurrence avec les professionnels. Ils regrettent également de ne pas avoir été consultés avant la fixation de cette date.
« Je les comprends »
Présidente de l'ASBL Tournai Commerces, Kelly Vandeputte assure entendre ces inquiétudes. Elle regrette toutefois de ne pas avoir pu échanger directement avec l'ensemble des signataires avant l'envoi de la pétition.
« Je leur réponds que je les comprends. J'aurais aimé recevoir cette pétition pour pouvoir en discuter de vive voix avec eux », explique-t-elle. Parmi les sept commerçants concernés, deux ont déjà pris contact avec l'ASBL et une rencontre a eu lieu.
Sur le fond, Kelly Vandeputte assume néanmoins le choix de maintenir l'événement lors de ce week-end particulièrement animé dans le centre-ville. « Je pars du principe que si on n'essaye pas, on ne sait pas si ça fonctionne. Amener de la seconde main durant un week-end de braderie où tous les commerçants bradent, je pense que pour le consommateur c'est intéressant. C'est aussi une belle manière de découvrir notre ville, d'autant plus que c'est le week-end de la kermesse et que le patrimoine et la culture seront au rendez-vous. »
Une concertation compliquée
Les commerçants signataires pointent surtout l'absence de concertation avec le secteur du textile et du prêt-à-porter. Dans leur courrier, ils regrettent que Tournai Commerces et sa présidente aient organisé l'événement « sans concertation préalable » avec les professionnels concernés. Ils demandent qu'une autre date soit recherchée afin que les « Chiffonnades » puissent exister sans concurrencer l'un de leurs principaux rendez-vous commerciaux.
Kelly Vandeputte reconnaît que recueillir l'avis de l'ensemble des commerçants reste compliqué. Elle rappelle que l'ASBL est actuellement en reconstruction. « Il y a un an et demi, quand je suis arrivée, il n'y avait quasiment plus de membres et parmi ceux qui étaient là, la moitié étaient à la retraite. Cette année, on est à 60 cotisants. »
Une situation qui pose forcément la question de savoir jusqu'où doit aller la consultation avant chaque événement. « Il faut aller voir qui ? Nos membres ? Tous les commerçants ? Il est toujours très difficile d'avoir le retour des commerçants », souligne la présidente.
« Si ça ne fonctionne pas, on changera la date »
Malgré la polémique, Tournai Commerces ne compte donc pas modifier immédiatement son programme. L'idée est d'abord de voir concrètement quel impact les « Chiffonnades » auront sur la fréquentation et l'activité commerciale durant ce week-end. « Je pars du principe qu'on va faire le test en espérant que ça se passe bien. Et puis, si ça ne fonctionne pas, évidemment qu'on changera la date des Chiffonnades », conclut Kelly Vandeputte.
La main reste donc tendue entre les deux parties, même si les commerçants signataires espèrent toujours une modification de la programmation avant l'événement.