Bernissart : près de 700 personnes et des centaines de canards en cartons pour dénoncer la chasse aux oiseaux d'eau en France
La mobilisation intervient après plusieurs démarches menées cette année auprès des autorités françaises.
Près de 700 personnes ont participé vendredi soir à une marche funèbre organisée à Bernissart, à l'occasion de l'ouverture de la chasse aux oiseaux d'eau en France. Les manifestants ont déposé des centaines de canards en carton au pied d'une stèle, à quelques dizaines de mètres de la frontière.
Le cortège a quitté Bernissart en direction de la frontière française, avec une mise en scène volontairement funèbre. Au pied d'une stèle, les participants ont déposé des canards en carton avant d'observer une minute de silence. Un symbole pour les associations de protection de la nature, qui dénoncent les tirs pratiqués chaque année à proximité des Marais d'Harchies.
Les associations belges et françaises affirment que les oiseaux présents dans les marais traversent la frontière française à la tombée de la nuit pour se nourrir. Selon leurs observations, ils peuvent alors être pris pour cible par les chasseurs installés sur des étangs français situés à quelques dizaines de mètres du site protégé. L'an dernier, les comptages réalisés avant et après l'ouverture faisaient état de 560 canards avant la chasse, contre seulement 68 le lendemain.
La mobilisation intervient après plusieurs démarches menées cette année auprès des autorités françaises. Plus de 1.000 citoyens avaient participé à la consultation publique organisée au printemps, tandis que les associations ont également interpellé le préfet du Nord et engagé une procédure en justice. Elles demandent notamment l'interdiction de la chasse dans un rayon de 1.500 mètres autour des Marais d'Harchies, afin de créer une zone tampon entre le site protégé et les zones de chasse françaises.
Les Marais d'Harchies constituent une zone humide d'importance internationale et accueillent des oiseaux qui y nichent, mais aussi des espèces migratrices qui y font halte. Pour les associations, la protection de ces oiseaux ne peut donc pas s'arrêter à la frontière entre la Belgique et la France.
F.D.