Mouscron : les facteurs de Bpost en grève pour dénoncer une réforme des horaires
Le centre de distribution de bpost à Mouscron est à l’arrêt ce vendredi. En cause : un projet de réorganisation qui modifierait fortement les horaires de travail.
Le mouvement de grogne est bien réel ce vendredi au centre de tri de bpost à Mouscron. Les facteurs ont cessé le travail pour protester contre un changement annoncé de leurs horaires. "On a appris il y a une semaine qu'ils voulaient décaler tous nos horaires de deux heures" , explique Sylvain Soete, délégué CGSP. "Je commencerais à 9h au lieu de 7h, et certains collègues passeraient à 10h30 jusque 18h30."
Un bouleversement important pour les employés. "Ça chamboule complètement une vie de famille, une vie sociale. Aller chercher les enfants, prendre des rendez-vous tout devient plus compliqué. Nous, on n'a pas signé pour ça."
Les facteurs pointent aussi un manque de dialogue. Une réunion nationale récente n'a rien donné, et une nouvelle est attendue le 1er avril.
En attendant, le ton est donné à Mouscron : aucun courrier ni colis ne sera distribué ce vendredi. "Ce n'est pas de gaieté de coeur, mais il faut marquer le coup", conclut le délégué.
Bpost : "Nous sommes déterminés à parvenir à des solutions équilibrées"
De son côté, Bpost justifie ces changements d'horaires. "Notre transformation en cours est une étape essentielle pour garantir l'avenir de l'entreprise et de ses collaborateurs. En Belgique, le volume de courrier diminue structurellement (-10% par rapport à l'an dernier) tandis que le marché des colis est en forte croissance. Dans ce contexte, les attentes des clients ont fortement évolué : les grandes plateformes d'e-commerce injectent leurs volumes de plus en plus tard dans la soirée, voire la nuit, tout en attendant une livraison dès le lendemain avec un haut niveau de qualité. Plusieurs acteurs du marché proposent déjà cette flexibilité, avec des opérations organisées jusque très tard dans la nuit. Si nous voulons continuer à traiter les volumes de ces clients en Belgique, dans un secteur ultra compétitif, nous devons adapter notre organisation, au niveau national. C'est dans ce cadre que nous avons repensé les horaires de distribution.Nous sommes pleinement conscients que ces changements peuvent avoir un impact important sur nos collaborateurs, tant sur leur travail que sur leur organisation de vie. C'est un point que nous prenons très au sérieux. Les organisations syndicales se sont exprimées hier en front commun. Elles indiquent qu'elles ne souhaitent pas se positionner à ce stade, et qu'elles veulent d'abord pouvoir analyser les impacts concrets et discuter des éventuelles compensations. Elles ont également confirmé rester ouvertes au dialogue. De notre côté, nous partageons pleinement cette volonté. Une première réunion de négociation est prévue le 1er avril. Le dialogue social est essentiel pour nous, et nous sommes déterminés à parvenir à des solutions équilibrées, dans le respect des collaborateurs et de la réalité de l'entreprise aujourd'hui".
La suite du mouvement dépendra des prochaines discussions.
Théo Defranne